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Apprendre le coréen

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Canicule en Corée : pourquoi les Coréens mangent-ils du chien ?

L’histoire fascinante de Sambok Lorsque les températures dépassent les 35 °C, que faites-vous en général ? Personnellement, lorsque j’habitais en France, j’avais surtout envie d’une salade bien fraîche, d’une glace ou d’une boisson glacée. Pourtant, en Corée, c’est exactement à cette période que les restaurants se remplissent de personnes venues déguster… une soupe bouillante. En plus, en mangeant la soupe chaude, les Coréens disent « 아! 시원~~하다! » (Ah! C’est frais!) !!! Mystérieux, les Coréens… Bref, la première fois que j’ai expliqué cette tradition à des Français, leur réaction a toujours été la même : « Vous mangez une soupe chaude en pleine canicule ?! » Et ce n’est pourtant pas la partie la plus surprenante de cette histoire. En préparant cet article, j’ai découvert quelque chose qui m’a réellement fascinée. Je connaissais évidemment les trois journées de 삼복 (Sambok) depuis mon enfance, mais je n’avais jamais cherché à comprendre comment elles étaient calculées. En réalité, nos ancêtres étaient capables d’estimer les périodes les plus chaudes de l’année grâce à leurs observations du ciel. Plus j’approfondissais mes recherches, plus je me rendais compte que cette tradition racontait bien davantage qu’une simple histoire de cuisine. Et le plus étonnant ? La France et la Corée partagent un symbole commun pour parler de la chaleur estivale : le chien. La canicule… vient d’un chien ? Saviez-vous que le mot canicule signifie à l’origine… « petit chien » ? Il vient du latin canicula, formé de canis (« chien ») et du suffixe diminutif -cula, qui signifie « petit ». Par exemple, minuscule, crépuscule, ridicule, et oui, le mot qui vient tout de suite dans votre tête. Avant même de parler de la Corée, le chien est donc déjà présent, dans la langue européenne ! Quel est le rapport entre le petit chien et la canicule ? Les Romains avaient remarqué qu’au cœur de l’été apparaissait dans le ciel Sirius, l’étoile la plus brillante de la constellation du Grand Chien. Ils associaient son lever aux journées les plus chaudes de l’année, si bien que cette période a fini par prendre le nom de canicula. C’est ainsi qu’est né notre mot « canicule ». Je trouve déjà cette étymologie passionnante. Mais ce qui m’a encore plus surprise, c’est de découvrir qu’en Corée aussi, le chien est associé aux grandes chaleurs… d’une manière totalement différente. Que signifie réellement Sambok ? Les Coréens appellent 삼복 (Sambok) les trois périodes les plus chaudes de l’année : 초복 (Chobok) signifie le premier Bok 중복 (Jungbok), le Bok au milieu 말복 (Malbok), le dernier Bok Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces dates ne sont jamais fixe comme Noël. Elles changent chaque année. En 2026, par exemple, elles tombent les 15 juillet, 25 juillet et 14 août. Cette année est même particulière, car il s’agit d’une année de 월복 (Wolbok) : il s’écoule vingt jours entre 중복 et 말복, au lieu des dix jours habituels. Les anciens considéraient donc que la période des fortes chaleurs s’étendait plus longtemps. En découvrant cela, je me suis posé une question toute simple : comment pouvait-on calculer une telle chose il y a plusieurs siècles, sans météorologie ni satellites ? Comment les anciens Coréens savaient-ils quand commencerait la grande chaleur ? La réponse est aussi élégante qu’impressionnante. Les dates de Sambok ne sont pas calculées avec notre calendrier moderne, mais grâce au calendrier traditionnel d’Asie de l’Est. Celui-ci combine les 24 termes solaires (절기) avec le cycle des 60 jours (간지). Après le solstice d’été (하지), les anciens attendaient des journées particulières appelées jours Gyeong (庚日). Chobok correspond au troisième jour Gyeong après le solstice, Jungbok au quatrième, tandis que Malbok est le premier jour Gyeong suivant 입추 (Ipchu), le début traditionnel de l’automne. Autrement dit, nos ancêtres observaient le Soleil, les saisons et les cycles astronomiques pour déterminer les périodes les plus éprouvantes de l’année. J’avoue avoir été sincèrement impressionnée. Nous avons parfois tendance à imaginer les sociétés anciennes comme dépourvues de connaissances scientifiques. Pourtant, ce calendrier montre au contraire une remarquable capacité d’observation de la nature. Le caractère BOK (복, 伏) cache lui aussi… un chien ! Il y a un autre détail que j’adore. Dans le mot Sambok, Bok est écrit en caractère chinois ainsi : 伏. Cela est composé d’une personne (亻) et d’un chien (犬). Traditionnellement, il représente une personne couchée comme un chien, accablée par la chaleur estivale. Je trouve cette image très parlante. D’un côté, en Occident, le chien apparaît dans le ciel à travers Sirius. De l’autre, en Orient, il est gravé jusque dans l’écriture. Deux civilisations différentes… mais un même symbole pour évoquer les grandes chaleurs de l’été. Pourquoi les Coréens mangent-ils une soupe brûlante lorsqu’il fait 35 °C ? Une autre tradition intrigue souvent les étrangers. En Corée, lorsque la chaleur devient étouffante, on mange volontiers une soupe fumante. Cette coutume s’appuie sur une expression très connue : 이열치열 (以熱治熱)Combattre la chaleur par la chaleur. Selon la médecine traditionnelle, une forte transpiration entraîne une perte d’énergie. L’idée est donc de restaurer cette énergie grâce à un repas chaud et nourrissant. Le plat le plus emblématique est bien sûr le 삼계탕 (Samgyetang), une soupe de poulet farci de riz gluant, d’ail, de jujubes et, surtout, de ginseng. Mais ce n’est pas le seul plat associé à Sambok. Le Chueotang (추어탕) est également très apprécié. Cette soupe est préparée à partir de loches, de petits poissons d’eau douce longuement cuits puis réduits en purée. On y ajoute du doenjang, des légumes, de l’ail, des feuilles de périlla et différentes herbes aromatiques. Riche en protéines, en calcium et en minéraux, elle est traditionnellement considérée comme un excellent plat pour retrouver des forces pendant les fortes chaleurs. Selon la constitution de chacun, certaines personnes préfèrent d’ailleurs des aliments jugés plus « rafraîchissants », comme le canard ou les nouilles froides au soja (콩국수). De gauche à droite : (la première ligne) Samgyetang, Chueotang (soupe de loche), Jeongbokjuk (bouillie d’ormeau) (la deuxième ligne) Kongguksu (nouilles de soja), Bosintang (soupe de chien), Jang-eo-gu-ï (anguiles grillé) Et le fameux Bosintang (보신탕) ? Impossible d’aborder Sambok sans évoquer le 보신탕 (Bosintang). Pendant plusieurs siècles, certains Coréens ont effectivement consommé cette soupe préparée à base de viande de chien. Le mot Bosin (보신) signifie d’ailleurs « fortifier le corps ». Cette pratique ne date pas d’hier. Les Annales de la dynastie Joseon racontent par exemple qu’au XVIᵉ siècle, un fonctionnaire obtint une promotion après avoir offert de la viande de chien à un puissant ministre qui en raffolait. Même le célèbre penseur Jeong Yak-yong (정약용) évoque la viande de chien dans une lettre adressée à son frère. « À votre place, je mangerais un chien tous les cinq jours. » Ces anecdotes historiques ne cherchent évidemment pas à justifier cette pratique selon nos critères actuels. Elles rappellent simplement qu’elle faisait partie de la société coréenne de l’époque. Aujourd’hui, la situation est tout autre. La très grande majorité des Coréens considère le chien comme un animal de compagnie. En 2024, la Corée du Sud a adopté une loi interdisant progressivement l’élevage, l’abattage et la vente de chiens destinés à la consommation. Cette interdiction sera pleinement appliquée à partir de 2027. Une histoire qui dépasse largement la cuisine Au fond, ce qui m’a le plus marquée en préparant cet article n’est pas la question de la viande de chien. C’est de constater qu’une tradition aussi ancienne mêle l’astronomie, l’observation de la nature, la médecine traditionnelle, l’histoire et l’évolution d’une société. Et je trouve finalement assez poétique que l’Orient et l’Occident aient choisi le même symbole pour parler de la chaleur estivale. En Europe, le chien est dans les étoiles. En Corée, il apparaît dans le caractère 복 (伏), dans certaines traditions anciennes… et aujourd’hui surtout dans les livres d’histoire. Et vous, connaissiez-vous l’origine du mot « canicule » ? Aviez-vous déjà entendu parler de Sambok ? Dites-moi en commentaire ce qui vous a le plus surpris. Je serais ravie de lire vos réactions. Les articles similaires… Que mangent les Coréens à la pleine lune du Nouvel An ? Chien, l’animal de canicule en commun en Corée et en France 3 aliments à absolument manger en été en Corée !

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Pourquoi Solo Leveling est-il coréen alors que l’anime est japonais ?

Publié d’abord comme roman coréen en 2016, puis adapté en webtoon en 2018 et en anime en 2024, Solo Leveling est devenu l’un des plus grands phénomènes de la culture populaire asiatique. Un anime mondial… aux racines coréennes En 2025, Solo Leveling figure parmi les animes les plus populaires au monde. Pourtant, beaucoup de spectateurs ignorent encore un détail important : cette œuvre n’est pas née au Japon. Avant de devenir un anime à succès produit par un studio japonais, Solo Leveling était un roman publié en Corée du Sud. L’œuvre a ensuite été adaptée en webtoon, puis en anime, avant de conquérir des millions de lecteurs et de spectateurs à travers le monde. D’ailleurs, même le nom du héros révèle ses origines coréennes. Le personnage principal s’appelle Sung Jinwoo (성진우). En Corée, le nom de famille est traditionnellement placé avant le prénom. « Sung » est donc le nom de famille, tandis que « Jinwoo » ou « Jin-woo » est le prénom. Alors, Solo Leveling est-il coréen ou japonais ? La réponse est plus intéressante qu’il n’y paraît.   Solo Leveling, c’est quoi exactement ? Si vous n’avez jamais entendu parler de Solo Leveling, voici l’essentiel. L’histoire se déroule dans un monde où des portails mystérieux apparaissent un peu partout sur Terre. Ces portails donnent accès à des donjons remplis de monstres dangereux. Pour protéger l’humanité, certains individus ont développé des pouvoirs surnaturels. On les appelle des chasseurs. Parmi eux se trouve Sung Jinwoo. Il est considéré comme le plus faible de tous. D’ailleurs, il est souvent surnommé « l’arme la plus faible de l’humanité ». Cependant, après une mission particulièrement dangereuse, sa vie bascule. Il obtient une capacité unique qui lui permet de progresser d’une manière impossible pour les autres chasseurs. Sans révéler davantage l’intrigue, c’est cette progression spectaculaire qui a séduit des millions de lecteurs puis de spectateurs dans le monde entier. À première vue, Solo Leveling ressemble à un anime japonais classique. Pourtant, son histoire commence bien avant sa diffusion à la télévision japonaise.   Une histoire qui a connu trois vies Le succès de Solo Leveling ne s’est pas construit du jour au lendemain. Au contraire, l’anime n’est que la dernière étape d’une aventure commencée plusieurs années plus tôt en Corée du Sud. Avant de conquérir les plateformes de streaming, Solo Leveling a d’abord été un roman en ligne, puis un webtoon à succès. C’est cette évolution qui explique en grande partie sa popularité mondiale.   D’abord un roman coréen L’histoire de Solo Leveling débute en 2016 sur Kakao Page, l’une des principales plateformes de publication numérique en Corée du Sud. L’auteur Chu-gong (추공, 秋空) y publie un roman intitulé ‘나 혼자만 레벨업'((Na honjaman rebereop). Le récit rencontre rapidement son public grâce à son univers inspiré des jeux vidéo. Les lecteurs apprécient également l’évolution constante du personnage principal. À cette époque, cependant, l’œuvre reste encore peu connue en dehors de la Corée du Sud.   Que signifie le titre original ? Le titre original est 나 혼자만 레벨업 en coréen.  Il peut être décomposé ainsi : 나 (na) : moi 혼자 (honja) : seul 만 (man) : la particule qui signifie seulement 레벨업 (rebereop) : level up (anglais) Une traduction naturelle en français serait : « Moi seul monte de niveau » ou « Seul à monter de niveau ». Cette expression résume parfaitement le concept de l’histoire. Sung Jinwoo possède une capacité unique qui lui permet de progresser alors que les autres chasseurs restent limités. C’est aussi un bon exemple de la façon dont les Coréens intègrent parfois des mots anglais dans leur langue quotidienne.   Puis un webtoon phénomène En 2018, l’œuvre est adaptée en webtoon par H-Goon ou Hyeon Goon (현군), avec des illustrations de Jang Sung-rak (장성락), plus connu sous le nom de Dubu. Dessinateur et auteur de webtoons sud-coréen, ce dernier était également l’ancien directeur du studio Redice. Grâce à son style graphique spectaculaire et à son format pensé pour les smartphones, cette version illustrée change tout et propulse Solo Leveling vers un succès international.     Enfin, un anime mondialement connu En 2024, Solo Leveling franchit une nouvelle étape avec son adaptation en anime. La production est confiée au studio japonais A-1 Pictures. Celui-ci est déjà connu pour plusieurs séries à succès. L’anime reprend l’histoire du webtoon tout en bénéficiant du savoir-faire de l’industrie japonaise de l’animation. Le résultat dépasse les attentes. Très rapidement, Solo Leveling attire un public encore plus large. C’est d’ailleurs à ce moment-là qu’une question commence à revenir régulièrement : si l’anime est japonais, pourquoi dit-on que Solo Leveling est une œuvre coréenne ?   Coréen ou japonais ? La confusion est parfaitement compréhensible. La plupart des personnes découvrent Solo Leveling à travers l’anime. Elles entendent des dialogues en japonais. Elles voient un studio japonais dans le générique. Enfin, elles regardent une série produite selon les codes de l’animation japonaise. Il est donc naturel de penser qu’il s’agit d’une œuvre japonaise.  Pourtant, les origines de Solo Leveling se trouvent bien en Corée du Sud. L’auteur du roman est coréen. Le roman original a été publié sur une plateforme coréenne. Le webtoon qui a rendu l’œuvre célèbre est également coréen.  Autrement dit, l’histoire, les personnages et l’univers sont nés en Corée avant d’être adaptés au Japon. On pourrait comparer cela à un roman français adapté par un studio américain. L’adaptation change de langue et de format, mais l’œuvre originale reste française. Ainsi, Solo Leveling représente un exemple fascinant de collaboration culturelle entre la Corée du Sud et le Japon. Mais une autre question mérite d’être posée : comment cette histoire a-t-elle réussi à séduire le monde entier ?   Les ingrédients d’un succès mondial Le succès de Solo Leveling ne repose pas sur un seul élément. D’abord, son héros est facile à comprendre. Sung Jinwoo commence l’histoire comme le plus faible des chasseurs. Le lecteur découvre donc l’univers à travers ses difficultés, ses échecs et ses progrès. Ensuite, l’œuvre utilise un mécanisme bien connu des amateurs de jeux vidéo : la progression par niveaux. Chaque victoire permet au personnage principal de devenir plus fort. Ce système crée une forte envie de connaître la suite. Par ailleurs, le format webtoon a joué un rôle important. Les épisodes se lisent facilement sur smartphone. Les scènes d’action profitent également du défilement vertical pour gagner en intensité. Enfin, l’adaptation en anime a permis à Solo Leveling d’atteindre un public encore plus large. Ce succès montre aussi que la culture populaire coréenne ne se limite plus à la K-pop ou aux séries télévisées.   Solo Leveling n’est peut-être que la partie visible de l’iceberg Pendant longtemps, lorsque l’on parlait de Hallyu, culture populaire coréenne, on pensait surtout à la K-pop et aux dramas. Aujourd’hui, les webtoons coréens connaissent à leur tour un succès international impressionnant. Solo Leveling est sans doute le plus célèbre d’entre eux. Pourtant, il est loin d’être le seul. Si vous avez apprécié cet univers, voici quelques autres webtoons coréens à découvrir. Tower of God L’histoire d’un jeune garçon qui pénètre dans une mystérieuse tour afin de retrouver son amie. Cette œuvre mélange fantasy, aventure et mystère. Elle a également été adaptée en anime. The God of High School Cette série met en scène un tournoi d’arts martiaux entre lycéens. Cependant, derrière la compétition se cachent des enjeux beaucoup plus importants. Noblesse Considéré comme un classique du webtoon coréen, Noblesse raconte l’histoire d’un noble vampire réveillé après plusieurs siècles de sommeil. Eleceed Cette série mêle humour, action et super-pouvoirs. Elle est souvent recommandée aux lecteurs qui apprécient les personnages attachants et les combats dynamiques. Omniscient Reader’s Viewpoint Probablement l’un des webtoons coréens les plus populaires du moment. Le héros se retrouve projeté dans l’univers d’un roman qu’il était le seul à avoir lu jusqu’à la fin.  Comme Solo Leveling, cette œuvre mélange action, progression et univers fantastique. Ainsi, le succès de ces séries montre que la Corée du Sud est devenue l’un des acteurs majeurs de la bande dessinée numérique mondiale.   En conclusion À première vue, Solo Leveling ressemble à un anime japonais comme beaucoup d’autres. Pourtant, derrière son adaptation animée se cache une histoire née en Corée du Sud. Tout a commencé par un roman publié en ligne. Puis l’œuvre est devenue un webtoon à succès avant de conquérir le monde sous forme d’anime. Cette trajectoire exceptionnelle explique pourquoi tant de personnes découvrent aujourd’hui les webtoons coréens grâce à Solo Leveling. Et ce phénomène pourrait bien ne faire que commencer.   Et vous ? Avez-vous découvert Solo Leveling grâce au roman, au webtoon ou à l’anime ? Ou, au contraire, n’en aviez-vous jamais entendu parler avant de lire cet article ? Connaissez-vous d’autres webtoons coréens qui mériteraient d’être découverts ? Partagez vos recommandations dans les commentaires. Je serai ravie d’enrichir cette liste avec vos suggestions !   Vous aimeriez lire d’autres articles similaires ? 😉   Faker : la légende coréenne de League of Legends Du positif dans le négatif : l’art de la négation en coréen Squid Game Saison 2 : que cachent ces jeux coréens ? Pourquoi apprendre le coréen : 4 raisons économiques    

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Pourquoi la Corée célèbre la Journée des enfants : histoire et vocabulaire coréen expliqué

Le 5 mai, la Corée du Sud célèbre la Journée des enfants : 어린이날. Je me souviens très bien de cette période, quand j’étais enfant à Séoul. Ce jour-là, j’étais toujours heureuse, car l’école fermait ! Comme il s’agissait d’un jour férié — et il l’est toujours — mes parents emmenaient mon grand frère et moi au zoo ou dans un parc d’attractions. Ensuite, nous mangions des choses délicieuses : de la glace, de la barbe à papa… Tout avait un goût particulier ce jour-là. À la fin de la journée, mon père se montrait souvent fatigué, car il travaillait dès le lendemain. Pourtant, moi, j’attendais ce moment avec impatience. C’était notre journée, une vraie fête : la Journée des enfants. Dans cet article, nous allons découvrir qui a créé cette journée, à quelle époque et dans quel contexte. Puis, nous comprendrons qui a inventé le mot 어린이 et pourquoi. Enfin, nous verrons comment les Coréens célèbrent cette fête aujourd’hui et ce qu’elle révèle de leur culture.   Une fête joyeuse, mais chargée de sens À première vue, cette journée semble simplement joyeuse. Pourtant, elle repose sur une histoire bien plus profonde. En effet, Bang Jeong-hwan (방정환) crée la Journée des enfants en 1923 avec une intention précise. Mais qui est-il exactement ? Né en 1899 à Séoul, Bang Jeong-hwan est écrivain, éditeur et militant. Très tôt, il décide d’améliorer la condition des enfants. À cette époque, la Corée subit la domination japonaise et la société connaît de fortes inégalités. Par conséquent, les adultes considèrent souvent les enfants comme des êtres immatures, sans véritable statut. Avant même 1923, il agit concrètement. D’une part, il se consacre à la littérature jeunesse : il écrit, adapte et publie des histoires destinées aux enfants. D’autre part, il participe activement à la diffusion de revues pour la jeunesse. Son objectif reste clair : proposer des contenus adaptés à leur sensibilité tout en stimulant leur imagination. Cependant, son engagement ne s’arrête pas là. Il organise aussi des lectures publiques et des activités culturelles. En parallèle, il sensibilise les adultes à la place des enfants dans la société. Il contribue également à la création du mouvement 색동회, qui défend les droits des enfants et promeut leur bien-être. Progressivement, une idée s’impose à lui : pour transformer la société, il faut d’abord changer le regard porté sur les enfants.   Pourquoi cette journée a été créée Dans ce contexte, la Journée des enfants répond à un problème bien réel. À l’époque, la société n’accorde pas aux enfants un véritable statut. On les voit comme des êtres inachevés. Leur parole compte peu et leur place reste secondaire. De plus, cette vision apparaît clairement dans le langage quotidien. Certains mots utilisés pour désigner les enfants peuvent sembler familiers, voire dévalorisants. Face à cette réalité, Bang Jeong-hwan décide d’agir. Il ne veut pas simplement instaurer une journée festive. Au contraire, il cherche à transformer la manière dont les adultes perçoivent les enfants. Selon lui, il faut reconnaître leur dignité. Les enfants ne sont pas seulement des adultes en devenir : ils sont déjà des personnes à part entière. Ainsi, la Journée des enfants devient un outil de changement. Elle sensibilise la société, encourage les adultes à accorder plus d’attention aux enfants et promeut des pratiques éducatives plus respectueuses. En somme, tout commence par le regard — et ce regard passe largement par les mots.   Avant “어린이” : comment appelait-on les enfants ? À cette époque, plusieurs termes existent déjà en coréen pour désigner les enfants. Le plus courant est 아이. On utilise également 애, plus familier, ainsi que 아기, qui désigne un bébé. Par ailleurs, le mot 새끼, initialement employé pour les petits des animaux, peut aussi s’appliquer aux enfants. Cependant, son sens varie fortement selon le contexte : il peut être affectueux ou, au contraire, très péjoratif. Aujourd’hui encore, ces mots restent courants dans la langue quotidienne. Par exemple, 우리 아이 signifie « mes enfants » et s’utilise très naturellement. En revanche, des termes comme 애 ou 새끼 peuvent évoquer un ton plus brut, parfois proche de « gamin » ou d’expressions plus dures en français. Cependant, ces mots présentent une limite importante. Ils restent neutres ou familiers et, dans certains cas, peuvent paraître condescendants. Ils ne transmettent pas une idée de respect ou de reconnaissance. En effet, la société perçoit souvent l’enfant comme un être incomplet, destiné à devenir adulte. Cette réalité reflète une vision plus large. Les enfants occupent une place secondaire : ils appartiennent à la famille, mais on les considère rarement comme des individus à part entière. Ainsi, le choix des mots révèle une hiérarchie implicite. C’est précisément cette vision que Bang Jeong-hwan décide de remettre en question.   La création du mot “어린이” Pour provoquer ce changement, Bang Jeong-hwan introduit un nouveau terme : 어린이. Ce choix linguistique ne doit rien au hasard. Le mot se compose de 어린 (« jeune ») et du suffixe -이. Ce suffixe mérite une attention particulière. En coréen, il n’est pas utilisé de manière systématique pour dire « personne ». Au contraire, il apparaît dans certains mots spécifiques et désigne souvent un individu caractérisé par une qualité. Par exemple, 늙은이 désigne une personne âgée, tandis que 젊은이 renvoie à un jeune adulte. On trouve aussi 쌍둥이 (jumeaux) ou 막둥이 (le plus jeune enfant d’une famille). Dans tous ces cas, le suffixe -이 apporte une dimension humaine ou affective. Dans 어린이, il joue le même rôle. Il permet de considérer l’enfant comme un individu à part entière. Ainsi, on ne parle plus seulement d’un état ou d’une catégorie, mais bien d’une personne identifiable. Grâce à ce terme, le regard change. Le mot 어린이 signifie littéralement « jeune personne ». Il introduit donc une idée de respect et de reconnaissance. Autrement dit, nommer devient un acte social : en changeant le vocabulaire, Bang Jeong-hwan transforme la manière de penser.   L’évolution de la date et du jour férié Au fil du temps, la date de cette journée évolue. Initialement, en 1923, on célèbre la Journée des enfants le 1er mai. Ce choix s’inscrit dans une dynamique sociale plus large. Cependant, il pose rapidement problème, car il coïncide avec la fête du Travail. Pour éviter cette confusion, les organisateurs modifient la date. Dans les années suivantes, la fête se tient à différentes périodes, notamment le premier dimanche de mai, afin de faciliter la participation des familles. Après la libération de la Corée en 1945, la situation se stabilise progressivement. Peu à peu, le 5 mai s’impose comme date officielle. Par ailleurs, cette journée ne devient pas immédiatement un jour férié. D’abord reconnue socialement, elle obtient une reconnaissance légale en 1961, lorsqu’on l’intègre à une loi sur le bien-être des enfants. Finalement, en 1975, le gouvernement officialise le 5 mai comme jour férié. Depuis, tout le pays célèbre cette journée chaque année.   Comment les Coréens célèbrent-ils cette journée aujourd’hui ? Aujourd’hui, les familles attendent cette journée avec impatience. Les parents consacrent du temps à leurs enfants et organisent souvent des sorties. Par conséquent, les parcs, les zoos et les parcs d’attractions attirent énormément de monde. L’ambiance devient festive. En parallèle, les enfants reçoivent fréquemment des cadeaux et participent à des spectacles ou à des activités culturelles. Dans les grandes villes, les institutions jouent aussi un rôle important. Les musées proposent des programmes spéciaux, tandis que certaines structures publiques ouvrent gratuitement. De plus, de nombreux ateliers éducatifs sont organisés. Ainsi, la journée combine divertissement et apprentissage. Cependant, au-delà de ces activités, le message reste essentiel. Cette fête rappelle l’importance d’accorder du temps aux enfants et de reconnaître leur place dans la société. Pour beaucoup de Coréens, il ne s’agit pas seulement d’une célébration, mais aussi d’un moment de réflexion sur l’éducation et le rôle des parents. D’une certaine manière, cette réalité fait écho à mes souvenirs d’enfance. Bien sûr, les sorties, les rires et les douceurs restent marquants. Néanmoins, avec le recul, leur signification devient plus claire : ces moments exprimaient aussi de l’attention et du respect.   Conclusion : une fête, un mot, une vision En définitive, la Journée des enfants en Corée dépasse largement le cadre d’un simple jour férié. Derrière les activités et les cadeaux, elle porte une intention forte : changer le regard sur les enfants. Elle s’inscrit dans un contexte historique précis et reflète une évolution profonde de la société coréenne. De plus, le mot 어린이 illustre parfaitement cette transformation. Il ne s’agit pas seulement d’un nouveau terme, mais d’une véritable vision. Il reconnaît l’enfant comme une personne à part entière. Ainsi, le langage devient un outil de changement social. Apprendre une langue ne consiste donc pas uniquement à mémoriser du vocabulaire. Cela implique aussi de comprendre une culture, ses valeurs et sa manière de voir le monde. Derrière chaque mot, il existe une histoire. Derrière chaque expression, une vision.    

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Bonjour la Corée

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Les élèves racontent leur expériences

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Hanbok acheté dans une boutique

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Bienvenue sur mon blog dédié à l’enseignement du coréen pour les francophones. Je suis 운례 (Ounié), une passionnée de musique classique et experte en langue coréenne. Née et élevée à Séoul, j’ai posé mes valises en France en janvier 2000. Maman de deux enfants, Maya et Yann, qui inspirent mon pseudo professionnel.