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Apprendre le coréen

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6 films de Kim Jee-woon pour apprendre le coréen

Améliorez votre coréen avec les films de KIM Jee-woon Peut-on regarder un excellent film tout en améliorant son coréen ? Avec KIM Jee-woon, la réponse est clairement oui. Il y a quelques semaines, j’ai découvert cinq de ses œuvres dans un cinéma indépendant parisien, Reflet Médicis. Pendant cette rétrospective, je ne me suis jamais ennuyée. J’ai ri devant un employé de banque devenu catcheur. Ensuite, j’ai tremblé dans une inquiétante maison familiale. Puis, j’ai suivi des gangsters, des chasseurs de primes et un réalisateur presque fou. Chaque histoire m’a emmenée dans un univers différent. Pourtant, toutes possèdent deux qualités essentielles : le spectacle et l’exigence artistique. KIM Jee-woon maîtrise parfaitement les codes du cinéma populaire. Cependant, il ne se contente jamais de les appliquer. Il transforme une comédie en fable sociale et élève un film de gangsters au rang de tragédie. Il transpose même le western américain dans la Mandchourie des années 1930. Voilà pourquoi il est considéré comme l’un des grands maîtres du cinéma de genre coréen. Toutefois, une autre raison me donne envie de vous recommander ses films. Quand mon cours de coréen surgit au cinéma Pendant les séances, je reconnaissais régulièrement des expressions enseignées dans ma formation Bonjour la Corée. Soudain, j’entendais une phrase et je pensais : « Tiens, cette expression se trouve dans le Module 2 ! » Ces petits instants m’amusent beaucoup. Je l’avoue, ils me rendent également fière. Mes élèves n’apprennent donc pas uniquement des phrases fabriquées pour un manuel. Ils étudient le coréen réellement utilisé dans la vie quotidienne. J’ai notamment entendu plusieurs fois l’expression « 그건 그렇고 » (by the way en anglais). Elle permet de changer de sujet ou de revenir à une autre question. Selon le contexte, elle signifie « ceci dit », « à part ça » ou « d’ailleurs ». Cette formule passe facilement inaperçue dans les sous-titres français. Pourtant, elle apparaît très souvent dans les conversations coréennes. Le cinéma regorge justement de ces petites découvertes. Grâce aux acteurs, nous entendons les hésitations, les sous-entendus et les changements d’intonation. Nous observons aussi les différents niveaux de politesse. Or, ces éléments sont indispensables pour comprendre véritablement le coréen. Un manuel peut vous expliquer une règle grammaticale. Une scène vous montre quand, comment et avec qui l’utiliser. Existe-t-il un meilleur support pour entraîner votre oreille ? Découvrons maintenant cinq films de KIM Jee-woon, dans l’ordre chronologique.   The Foul King — 반칙왕 (2000) Dae-ho est un employé de banque timide et maladroit. Son supérieur l’humilie régulièrement, sans qu’il parvienne à se défendre. Un jour, le jeune homme entre dans une salle de catch. Il commence alors une seconde vie sous un masque de lutteur. Ses débuts ne sont guère prometteurs. Il manque de force, de souplesse et surtout de courage. Rien ne semble donc le destiner à devenir un héros. Pourtant, cette fragilité rend son évolution particulièrement attachante. Dae-ho apprend progressivement à résister. Il ne devient pas soudainement invincible, mais cesse peu à peu de subir son existence. SONG Kang-ho, un des meilleurs acteurs, coréens, interprète ce personnage avec un talent remarquable. D’ailleurs, son nom évoque chez moi un souvenir très personnel. Lorsque je vivais à Séoul, j’ai travaillé environ un an dans une compagnie théâtrale dans le quartier Daehangno. À cette époque, SONG Kang-ho était encore inconnu du grand public. Il venait régulièrement rendre visite aux membres de notre troupe. Aujourd’hui, il est devenu l’un des acteurs les plus représentatifs du cinéma coréen. Le revoir dans The Foul King me rappelle donc ce jeune comédien encore anonyme. Son jeu physique est très drôle, mais écoutez également sa voix. Au début, l’intonation de Dae-ho révèle sa peur et son manque d’assurance. Sa manière de parler évolue ensuite avec sa personnalité. Peu à peu, elle devient plus ferme et plus assurée. Pour apprendre le coréen, cette comédie est particulièrement intéressante. Elle montre les relations très hiérarchisées d’une entreprise coréenne. Dae-ho ne s’adresse jamais pareil à son chef, ses collègues ou son entraîneur. Vous pouvez donc observer différents niveaux de politesse dans des situations concrètes. Parmi les œuvres présentées ici, celle-ci reste probablement la plus accessible pour travailler le coréen quotidien. Deux Sœurs — 장화, 홍련 (2003) Trois ans plus tard, KIM Jee-woon change totalement d’univers. Deux sœurs reviennent vivre dans une grande maison isolée. Elles y retrouvent leur père et leur belle-mère. Mais quelque chose ne va pas. Les silences deviennent inquiétants et les regards dissimulent d’anciennes blessures. Bientôt, la demeure semble elle-même conserver les traces du passé. Le titre coréen reprend les prénoms des deux jeunes filles : Janghwa et Hongryeon. L’histoire s’inspire librement d’un célèbre conte populaire. Néanmoins, le réalisateur en tire une œuvre psychologique très personnelle. Deux Sœurs a rencontré un important succès en Corée. Il a également remporté plusieurs récompenses dans des festivals internationaux. Son pouvoir ne repose pourtant pas uniquement sur le scénario. Les couleurs, les tissus, les meubles et la musique composent une beauté presque irréelle. Même le silence devient un personnage à part entière. Pour cette raison, ce long métrage n’est pas le plus facile pour pratiquer la compréhension orale. Les dialogues restent assez rares. De plus, les protagonistes expriment rarement leurs émotions de manière directe.  Néanmoins, cette retenue révèle une dimension importante de la communication coréenne. Observez la manière dont les deux sœurs échangent entre elles. Comparez-la ensuite avec le langage employé devant leur père ou leur belle-mère. Enfin, écoutez les pauses entre les répliques. En coréen, ce qui reste tu peut compter autant que les paroles prononcées. A Bittersweet Life — 달콤한 인생 (2005) Après l’horreur psychologique, KIM Jee-woon plonge dans le film noir. Sun-woo travaille pour un puissant chef de gang. Calme, élégant et discipliné, il exécute fidèlement chaque mission. Son patron lui confie alors une tâche délicate. Il doit surveiller sa jeune compagne et découvrir son éventuelle liaison. Cependant, Sun-woo prend une décision inattendue. Ce choix apparemment minime provoque bientôt sa propre chute. Le titre coréen signifie littéralement « une vie douce », Dolce Vita en italien. Or, le récit se révèle sombre, violent et profondément amer. Ce contraste résume déjà le destin du personnage. Pour incarner Sun-woo, KIM Jee-woon choisit LEE Byung-hun à contre-emploi. À cette époque, l’acteur possède surtout une image douce, élégante et raffinée. Il n’a encore joué ni personnage aussi brutal ni véritable rôle dans un film noir. Pourtant, le réalisateur pense à lui dès l’écriture du scénario. Il le considère comme l’interprète idéal de ce héros mélancolique et réservé, inspiré du film noir français. Ce choix révèle alors une facette beaucoup plus sombre de LEE Byung-hun. L’acteur exprime la colère, la fragilité et la solitude avec très peu de mots. Je l’avoue, je suis une grande admiratrice de LEE Byung-hun. Et vous, quel acteur ou quelle actrice du cinéma coréen préférez-vous ? Présenté hors compétition au Festival de Cannes en 2005, A Bittersweet Life possède une mise en scène extrêmement élégante. Les lumières, les costumes et les mouvements paraissent minutieusement calculés. Même la brutalité acquiert une étrange beauté. Les dialogues méritent également notre attention. Dans cet univers, les hommes parlent peu. Leurs répliques restent généralement courtes, froides et chargées de sous-entendus. Un ordre peut ainsi sembler poli. Inversement, une phrase respectueuse peut contenir une menace très claire. La hiérarchie détermine donc chaque conversation. Sun-woo choisit soigneusement ses mots face à son patron. En revanche, il adopte un autre registre devant ses subordonnés. Il faut alors écouter au-delà de la traduction française. Qui emploie le style formel ? Qui abandonne soudainement la politesse ? Comment donne-t-on un ordre sans utiliser l’impératif ? Tous ces détails révèlent les rapports de force. Je recommande cette œuvre aux apprenants intermédiaires. Certains échanges contiennent néanmoins du vocabulaire violent ou très familier. Ne répétez donc pas tout pendant votre prochain voyage en Corée ! Le Bon, la Brute et le Cinglé — 좋은 놈, 나쁜 놈, 이상한 놈 (2008) Après le film noir, KIM Jee-woon décide de réaliser un western. Mais ses cow-boys ne parcourent pas l’Amérique. L’action se déroule dans la Mandchourie des années 1930, alors occupée par le Japon. Trois hommes recherchent une mystérieuse carte au trésor. Le Bon est chasseur de primes. La Brute travaille comme tueur à gages, tandis que le Cinglé reste un bandit imprévisible. Très vite, tout le monde poursuit tout le monde. L’armée japonaise, des bandits chinois et plusieurs gangsters coréens rejoignent cette folle course. Présentée hors compétition à Cannes en 2008, cette aventure réunit SONG Kang-ho, LEE Byung-hun et JUNG Woo-sung. Le titre original offre déjà une petite leçon de coréen : 좋은 놈 : le bon type ; 나쁜 놈 : le mauvais type ; 이상한 놈 : le type bizarre. Attention toutefois au mot 놈 ! Il désigne un homme ou un « type », avec une nuance souvent familière ou méprisante. Évitez donc de l’utiliser pour présenter votre nouveau collègue coréen. Ce western offre avant tout un immense spectacle. Les poursuites s’enchaînent à un rythme impressionnant. Quant à la musique et aux paysages, ils donnent au récit une dimension épique. Malgré cette démesure, l’humour reste constamment présent. SONG Kang-ho transforme son personnage en véritable force chaotique. Drôle et rusé, celui-ci se révèle beaucoup moins naïf qu’il ne paraît. Côté apprentissage, les dialogues risquent de dérouter un débutant. Les protagonistes parlent vite et utilisent de nombreuses insultes. Ils emploient aussi des ordres directs et un registre très familier. En revanche, leurs échanges permettent d’entendre des intonations particulièrement fortes. Ils montrent comment le langage se transforme pendant un conflit. Regardez-le d’abord pour le plaisir. Puis, revoyez quelques scènes avec les sous-titres coréens. Un film à rechercher : The Age of Shadows — 밀정 (2016) Si vous trouvez The Age of Shadows, ne le laissez pas passer. L’intrigue se déroule durant l’occupation japonaise de la Corée. Un policier coréen travaille alors pour les autorités coloniales. Sa mission consiste à infiltrer un groupe de résistants indépendantistes. Progressivement, ce travail se transforme pourtant en profond conflit intérieur. À qui doit-il rester loyal ? SONG Kang-ho interprète cet homme tiraillé, tandis que GONG Yoo incarne l’un des résistants. Le récit associe ainsi le suspense d’un thriller à une période essentielle de l’histoire coréenne. Il aide à comprendre les blessures laissées par la colonisation japonaise. Surtout, il montre les choix impossibles imposés aux Coréens. La photographie, les costumes et la musique renforcent continuellement la tension. Par ailleurs, personne ne peut s’exprimer librement dans cet univers. Une simple parole risque de révéler une appartenance ou une trahison. Le langage y reste difficile pour un apprenant. Il appartient à une autre époque et s’inscrit dans un contexte politique particulier. Malgré cela, cette œuvre enrichit considérablement notre compréhension de l’histoire moderne coréenne. Présentée hors compétition à la Mostra de Venise, elle reçut également plusieurs nominations importantes en Corée. Ça tourne à Séoul ! Cobweb — 거미집 (2023) Enfin, KIM Jee-woon revient à la comédie avec ça tourne à Séoul, Cobweb. Nous sommes dans les années 1970. Le réalisateur Kim Yeol vient de terminer son nouveau film, mais la conclusion le mécontente. Une autre fin lui apparaît alors en rêve. Selon lui, deux jours de tournage supplémentaires suffiront pour créer un chef-d’œuvre. Malheureusement, personne ne partage son enthousiasme. Les acteurs protestent et la productrice refuse. Pendant ce temps, la censure menace de bloquer le projet. Les histoires personnelles compliquent encore la situation. En quelques heures, le plateau devient incontrôlable. Cobweb alterne les séquences du tournage en couleur et le film intérieur en noir et blanc. Présenté hors compétition à Cannes, il interroge la création, l’originalité et l’obsession artistique. Cette comédie constitue une ressource particulièrement riche pour apprendre le coréen. Les protagonistes donnent des ordres, négocient, protestent et tentent continuellement de sauver les apparences. Surtout, leur position professionnelle détermine leur manière de s’exprimer. Le réalisateur dirige les acteurs, tandis que ces derniers changent de registre devant la productrice. De leur côté, les assistants restent polis malgré le chaos. Cependant, les conversations avancent rapidement. Plusieurs voix se superposent parfois, ce qui complique encore la compréhension. Je conseille donc cette œuvre aux niveaux intermédiaires ou avancés. Elle permet aussi d’entendre un coréen marqué par les années 1970. D’ailleurs, SONG Kang-ho retrouve ici KIM Jee-woon pour leur cinquième long métrage commun. Le jeune comédien qui passait autrefois dans notre théâtre occupe désormais une place centrale dans le cinéma coréen. Et cette fois, il incarne précisément un réalisateur cherchant désespérément son chef-d’œuvre. La boucle est bouclée. Alors, par quel film commencer ? Pour entendre du coréen quotidien, commencez

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Canicule en Corée : pourquoi les Coréens mangent-ils du chien ?

L’histoire fascinante de Sambok Lorsque les températures dépassent les 35 °C, que faites-vous en général ? Personnellement, lorsque j’habitais en France, j’avais surtout envie d’une salade bien fraîche, d’une glace ou d’une boisson glacée. Pourtant, en Corée, c’est exactement à cette période que les restaurants se remplissent de personnes venues déguster… une soupe bouillante. En plus, en mangeant la soupe chaude, les Coréens disent « 아! 시원~~하다! » (Ah! C’est frais!) !!! Mystérieux, les Coréens… Bref, la première fois que j’ai expliqué cette tradition à des Français, leur réaction a toujours été la même : « Vous mangez une soupe chaude en pleine canicule ?! » Et ce n’est pourtant pas la partie la plus surprenante de cette histoire. En préparant cet article, j’ai découvert quelque chose qui m’a réellement fascinée. Je connaissais évidemment les trois journées de 삼복 (Sambok) depuis mon enfance, mais je n’avais jamais cherché à comprendre comment elles étaient calculées. En réalité, nos ancêtres étaient capables d’estimer les périodes les plus chaudes de l’année grâce à leurs observations du ciel. Plus j’approfondissais mes recherches, plus je me rendais compte que cette tradition racontait bien davantage qu’une simple histoire de cuisine. Et le plus étonnant ? La France et la Corée partagent un symbole commun pour parler de la chaleur estivale : le chien. La canicule… vient d’un chien ? Saviez-vous que le mot canicule signifie à l’origine… « petit chien » ? Il vient du latin canicula, formé de canis (« chien ») et du suffixe diminutif -cula, qui signifie « petit ». Par exemple, minuscule, crépuscule, ridicule, et oui, le mot qui vient tout de suite dans votre tête. Avant même de parler de la Corée, le chien est donc déjà présent, dans la langue européenne ! Quel est le rapport entre le petit chien et la canicule ? Les Romains avaient remarqué qu’au cœur de l’été apparaissait dans le ciel Sirius, l’étoile la plus brillante de la constellation du Grand Chien. Ils associaient son lever aux journées les plus chaudes de l’année, si bien que cette période a fini par prendre le nom de canicula. C’est ainsi qu’est né notre mot « canicule ». Je trouve déjà cette étymologie passionnante. Mais ce qui m’a encore plus surprise, c’est de découvrir qu’en Corée aussi, le chien est associé aux grandes chaleurs… d’une manière totalement différente. Que signifie réellement Sambok ? Les Coréens appellent 삼복 (Sambok) les trois périodes les plus chaudes de l’année : 초복 (Chobok) signifie le premier Bok 중복 (Jungbok), le Bok au milieu 말복 (Malbok), le dernier Bok Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces dates ne sont jamais fixe comme Noël. Elles changent chaque année. En 2026, par exemple, elles tombent les 15 juillet, 25 juillet et 14 août. Cette année est même particulière, car il s’agit d’une année de 월복 (Wolbok) : il s’écoule vingt jours entre 중복 et 말복, au lieu des dix jours habituels. Les anciens considéraient donc que la période des fortes chaleurs s’étendait plus longtemps. En découvrant cela, je me suis posé une question toute simple : comment pouvait-on calculer une telle chose il y a plusieurs siècles, sans météorologie ni satellites ? Comment les anciens Coréens savaient-ils quand commencerait la grande chaleur ? La réponse est aussi élégante qu’impressionnante. Les dates de Sambok ne sont pas calculées avec notre calendrier moderne, mais grâce au calendrier traditionnel d’Asie de l’Est. Celui-ci combine les 24 termes solaires (절기) avec le cycle des 60 jours (간지). Après le solstice d’été (하지), les anciens attendaient des journées particulières appelées jours Gyeong (庚日). Chobok correspond au troisième jour Gyeong après le solstice, Jungbok au quatrième, tandis que Malbok est le premier jour Gyeong suivant 입추 (Ipchu), le début traditionnel de l’automne. Autrement dit, nos ancêtres observaient le Soleil, les saisons et les cycles astronomiques pour déterminer les périodes les plus éprouvantes de l’année. J’avoue avoir été sincèrement impressionnée. Nous avons parfois tendance à imaginer les sociétés anciennes comme dépourvues de connaissances scientifiques. Pourtant, ce calendrier montre au contraire une remarquable capacité d’observation de la nature. Le caractère BOK (복, 伏) cache lui aussi… un chien ! Il y a un autre détail que j’adore. Dans le mot Sambok, Bok est écrit en caractère chinois ainsi : 伏. Cela est composé d’une personne (亻) et d’un chien (犬). Traditionnellement, il représente une personne couchée comme un chien, accablée par la chaleur estivale. Je trouve cette image très parlante. D’un côté, en Occident, le chien apparaît dans le ciel à travers Sirius. De l’autre, en Orient, il est gravé jusque dans l’écriture. Deux civilisations différentes… mais un même symbole pour évoquer les grandes chaleurs de l’été. Pourquoi les Coréens mangent-ils une soupe brûlante lorsqu’il fait 35 °C ? Une autre tradition intrigue souvent les étrangers. En Corée, lorsque la chaleur devient étouffante, on mange volontiers une soupe fumante. Cette coutume s’appuie sur une expression très connue : 이열치열 (以熱治熱)Combattre la chaleur par la chaleur. Selon la médecine traditionnelle, une forte transpiration entraîne une perte d’énergie. L’idée est donc de restaurer cette énergie grâce à un repas chaud et nourrissant. Le plat le plus emblématique est bien sûr le 삼계탕 (Samgyetang), une soupe de poulet farci de riz gluant, d’ail, de jujubes et, surtout, de ginseng. Mais ce n’est pas le seul plat associé à Sambok. Le Chueotang (추어탕) est également très apprécié. Cette soupe est préparée à partir de loches, de petits poissons d’eau douce longuement cuits puis réduits en purée. On y ajoute du doenjang, des légumes, de l’ail, des feuilles de périlla et différentes herbes aromatiques. Riche en protéines, en calcium et en minéraux, elle est traditionnellement considérée comme un excellent plat pour retrouver des forces pendant les fortes chaleurs. Selon la constitution de chacun, certaines personnes préfèrent d’ailleurs des aliments jugés plus « rafraîchissants », comme le canard ou les nouilles froides au soja (콩국수). De gauche à droite : (la première ligne) Samgyetang, Chueotang (soupe de loche), Jeongbokjuk (bouillie d’ormeau) (la deuxième ligne) Kongguksu (nouilles de soja), Bosintang (soupe de chien), Jang-eo-gu-ï (anguiles grillé) Et le fameux Bosintang (보신탕) ? Impossible d’aborder Sambok sans évoquer le 보신탕 (Bosintang). Pendant plusieurs siècles, certains Coréens ont effectivement consommé cette soupe préparée à base de viande de chien. Le mot Bosin (보신) signifie d’ailleurs « fortifier le corps ». Cette pratique ne date pas d’hier. Les Annales de la dynastie Joseon racontent par exemple qu’au XVIᵉ siècle, un fonctionnaire obtint une promotion après avoir offert de la viande de chien à un puissant ministre qui en raffolait. Même le célèbre penseur Jeong Yak-yong (정약용) évoque la viande de chien dans une lettre adressée à son frère. « À votre place, je mangerais un chien tous les cinq jours. » Ces anecdotes historiques ne cherchent évidemment pas à justifier cette pratique selon nos critères actuels. Elles rappellent simplement qu’elle faisait partie de la société coréenne de l’époque. Aujourd’hui, la situation est tout autre. La très grande majorité des Coréens considère le chien comme un animal de compagnie. En 2024, la Corée du Sud a adopté une loi interdisant progressivement l’élevage, l’abattage et la vente de chiens destinés à la consommation. Cette interdiction sera pleinement appliquée à partir de 2027. Une histoire qui dépasse largement la cuisine Au fond, ce qui m’a le plus marquée en préparant cet article n’est pas la question de la viande de chien. C’est de constater qu’une tradition aussi ancienne mêle l’astronomie, l’observation de la nature, la médecine traditionnelle, l’histoire et l’évolution d’une société. Et je trouve finalement assez poétique que l’Orient et l’Occident aient choisi le même symbole pour parler de la chaleur estivale. En Europe, le chien est dans les étoiles. En Corée, il apparaît dans le caractère 복 (伏), dans certaines traditions anciennes… et aujourd’hui surtout dans les livres d’histoire. Et vous, connaissiez-vous l’origine du mot « canicule » ? Aviez-vous déjà entendu parler de Sambok ? Dites-moi en commentaire ce qui vous a le plus surpris. Je serais ravie de lire vos réactions. Les articles similaires… Que mangent les Coréens à la pleine lune du Nouvel An ? Chien, l’animal de canicule en commun en Corée et en France 3 aliments à absolument manger en été en Corée !

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Pourquoi Solo Leveling est-il coréen alors que l’anime est japonais ?

Publié d’abord comme roman coréen en 2016, puis adapté en webtoon en 2018 et en anime en 2024, Solo Leveling est devenu l’un des plus grands phénomènes de la culture populaire asiatique. Un anime mondial… aux racines coréennes En 2025, Solo Leveling figure parmi les animes les plus populaires au monde. Pourtant, beaucoup de spectateurs ignorent encore un détail important : cette œuvre n’est pas née au Japon. Avant de devenir un anime à succès produit par un studio japonais, Solo Leveling était un roman publié en Corée du Sud. L’œuvre a ensuite été adaptée en webtoon, puis en anime, avant de conquérir des millions de lecteurs et de spectateurs à travers le monde. D’ailleurs, même le nom du héros révèle ses origines coréennes. Le personnage principal s’appelle Sung Jinwoo (성진우). En Corée, le nom de famille est traditionnellement placé avant le prénom. « Sung » est donc le nom de famille, tandis que « Jinwoo » ou « Jin-woo » est le prénom. Alors, Solo Leveling est-il coréen ou japonais ? La réponse est plus intéressante qu’il n’y paraît.   Solo Leveling, c’est quoi exactement ? Si vous n’avez jamais entendu parler de Solo Leveling, voici l’essentiel. L’histoire se déroule dans un monde où des portails mystérieux apparaissent un peu partout sur Terre. Ces portails donnent accès à des donjons remplis de monstres dangereux. Pour protéger l’humanité, certains individus ont développé des pouvoirs surnaturels. On les appelle des chasseurs. Parmi eux se trouve Sung Jinwoo. Il est considéré comme le plus faible de tous. D’ailleurs, il est souvent surnommé « l’arme la plus faible de l’humanité ». Cependant, après une mission particulièrement dangereuse, sa vie bascule. Il obtient une capacité unique qui lui permet de progresser d’une manière impossible pour les autres chasseurs. Sans révéler davantage l’intrigue, c’est cette progression spectaculaire qui a séduit des millions de lecteurs puis de spectateurs dans le monde entier. À première vue, Solo Leveling ressemble à un anime japonais classique. Pourtant, son histoire commence bien avant sa diffusion à la télévision japonaise.   Une histoire qui a connu trois vies Le succès de Solo Leveling ne s’est pas construit du jour au lendemain. Au contraire, l’anime n’est que la dernière étape d’une aventure commencée plusieurs années plus tôt en Corée du Sud. Avant de conquérir les plateformes de streaming, Solo Leveling a d’abord été un roman en ligne, puis un webtoon à succès. C’est cette évolution qui explique en grande partie sa popularité mondiale.   D’abord un roman coréen L’histoire de Solo Leveling débute en 2016 sur Kakao Page, l’une des principales plateformes de publication numérique en Corée du Sud. L’auteur Chu-gong (추공, 秋空) y publie un roman intitulé ‘나 혼자만 레벨업'((Na honjaman rebereop). Le récit rencontre rapidement son public grâce à son univers inspiré des jeux vidéo. Les lecteurs apprécient également l’évolution constante du personnage principal. À cette époque, cependant, l’œuvre reste encore peu connue en dehors de la Corée du Sud.   Que signifie le titre original ? Le titre original est 나 혼자만 레벨업 en coréen.  Il peut être décomposé ainsi : 나 (na) : moi 혼자 (honja) : seul 만 (man) : la particule qui signifie seulement 레벨업 (rebereop) : level up (anglais) Une traduction naturelle en français serait : « Moi seul monte de niveau » ou « Seul à monter de niveau ». Cette expression résume parfaitement le concept de l’histoire. Sung Jinwoo possède une capacité unique qui lui permet de progresser alors que les autres chasseurs restent limités. C’est aussi un bon exemple de la façon dont les Coréens intègrent parfois des mots anglais dans leur langue quotidienne.   Puis un webtoon phénomène En 2018, l’œuvre est adaptée en webtoon par H-Goon ou Hyeon Goon (현군), avec des illustrations de Jang Sung-rak (장성락), plus connu sous le nom de Dubu. Dessinateur et auteur de webtoons sud-coréen, ce dernier était également l’ancien directeur du studio Redice. Grâce à son style graphique spectaculaire et à son format pensé pour les smartphones, cette version illustrée change tout et propulse Solo Leveling vers un succès international.     Enfin, un anime mondialement connu En 2024, Solo Leveling franchit une nouvelle étape avec son adaptation en anime. La production est confiée au studio japonais A-1 Pictures. Celui-ci est déjà connu pour plusieurs séries à succès. L’anime reprend l’histoire du webtoon tout en bénéficiant du savoir-faire de l’industrie japonaise de l’animation. Le résultat dépasse les attentes. Très rapidement, Solo Leveling attire un public encore plus large. C’est d’ailleurs à ce moment-là qu’une question commence à revenir régulièrement : si l’anime est japonais, pourquoi dit-on que Solo Leveling est une œuvre coréenne ?   Coréen ou japonais ? La confusion est parfaitement compréhensible. La plupart des personnes découvrent Solo Leveling à travers l’anime. Elles entendent des dialogues en japonais. Elles voient un studio japonais dans le générique. Enfin, elles regardent une série produite selon les codes de l’animation japonaise. Il est donc naturel de penser qu’il s’agit d’une œuvre japonaise.  Pourtant, les origines de Solo Leveling se trouvent bien en Corée du Sud. L’auteur du roman est coréen. Le roman original a été publié sur une plateforme coréenne. Le webtoon qui a rendu l’œuvre célèbre est également coréen.  Autrement dit, l’histoire, les personnages et l’univers sont nés en Corée avant d’être adaptés au Japon. On pourrait comparer cela à un roman français adapté par un studio américain. L’adaptation change de langue et de format, mais l’œuvre originale reste française. Ainsi, Solo Leveling représente un exemple fascinant de collaboration culturelle entre la Corée du Sud et le Japon. Mais une autre question mérite d’être posée : comment cette histoire a-t-elle réussi à séduire le monde entier ?   Les ingrédients d’un succès mondial Le succès de Solo Leveling ne repose pas sur un seul élément. D’abord, son héros est facile à comprendre. Sung Jinwoo commence l’histoire comme le plus faible des chasseurs. Le lecteur découvre donc l’univers à travers ses difficultés, ses échecs et ses progrès. Ensuite, l’œuvre utilise un mécanisme bien connu des amateurs de jeux vidéo : la progression par niveaux. Chaque victoire permet au personnage principal de devenir plus fort. Ce système crée une forte envie de connaître la suite. Par ailleurs, le format webtoon a joué un rôle important. Les épisodes se lisent facilement sur smartphone. Les scènes d’action profitent également du défilement vertical pour gagner en intensité. Enfin, l’adaptation en anime a permis à Solo Leveling d’atteindre un public encore plus large. Ce succès montre aussi que la culture populaire coréenne ne se limite plus à la K-pop ou aux séries télévisées.   Solo Leveling n’est peut-être que la partie visible de l’iceberg Pendant longtemps, lorsque l’on parlait de Hallyu, culture populaire coréenne, on pensait surtout à la K-pop et aux dramas. Aujourd’hui, les webtoons coréens connaissent à leur tour un succès international impressionnant. Solo Leveling est sans doute le plus célèbre d’entre eux. Pourtant, il est loin d’être le seul. Si vous avez apprécié cet univers, voici quelques autres webtoons coréens à découvrir. Tower of God L’histoire d’un jeune garçon qui pénètre dans une mystérieuse tour afin de retrouver son amie. Cette œuvre mélange fantasy, aventure et mystère. Elle a également été adaptée en anime. The God of High School Cette série met en scène un tournoi d’arts martiaux entre lycéens. Cependant, derrière la compétition se cachent des enjeux beaucoup plus importants. Noblesse Considéré comme un classique du webtoon coréen, Noblesse raconte l’histoire d’un noble vampire réveillé après plusieurs siècles de sommeil. Eleceed Cette série mêle humour, action et super-pouvoirs. Elle est souvent recommandée aux lecteurs qui apprécient les personnages attachants et les combats dynamiques. Omniscient Reader’s Viewpoint Probablement l’un des webtoons coréens les plus populaires du moment. Le héros se retrouve projeté dans l’univers d’un roman qu’il était le seul à avoir lu jusqu’à la fin.  Comme Solo Leveling, cette œuvre mélange action, progression et univers fantastique. Ainsi, le succès de ces séries montre que la Corée du Sud est devenue l’un des acteurs majeurs de la bande dessinée numérique mondiale.   En conclusion À première vue, Solo Leveling ressemble à un anime japonais comme beaucoup d’autres. Pourtant, derrière son adaptation animée se cache une histoire née en Corée du Sud. Tout a commencé par un roman publié en ligne. Puis l’œuvre est devenue un webtoon à succès avant de conquérir le monde sous forme d’anime. Cette trajectoire exceptionnelle explique pourquoi tant de personnes découvrent aujourd’hui les webtoons coréens grâce à Solo Leveling. Et ce phénomène pourrait bien ne faire que commencer.   Et vous ? Avez-vous découvert Solo Leveling grâce au roman, au webtoon ou à l’anime ? Ou, au contraire, n’en aviez-vous jamais entendu parler avant de lire cet article ? Connaissez-vous d’autres webtoons coréens qui mériteraient d’être découverts ? Partagez vos recommandations dans les commentaires. Je serai ravie d’enrichir cette liste avec vos suggestions !   Vous aimeriez lire d’autres articles similaires ? 😉   Faker : la légende coréenne de League of Legends Du positif dans le négatif : l’art de la négation en coréen Squid Game Saison 2 : que cachent ces jeux coréens ? Pourquoi apprendre le coréen : 4 raisons économiques    

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Bonjour la Corée

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Les élèves racontent leur expériences

Témoignage de Nathalie

Témoignage de Manon

Témoignage de Daniel

Hanbok acheté dans une boutique

Qui suis-je ?

Bienvenue sur mon blog dédié à l’enseignement du coréen pour les francophones. Je suis 운례 (Ounié), une passionnée de musique classique et experte en langue coréenne. Née et élevée à Séoul, j’ai posé mes valises en France en janvier 2000. Maman de deux enfants, Maya et Yann, qui inspirent mon pseudo professionnel.