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Apprendre le coréen

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Pourquoi Solo Leveling est-il coréen alors que l’anime est japonais ?

Publié d’abord comme roman coréen en 2016, puis adapté en webtoon en 2018 et en anime en 2024, Solo Leveling est devenu l’un des plus grands phénomènes de la culture populaire asiatique. Un anime mondial… aux racines coréennes En 2025, Solo Leveling figure parmi les animes les plus populaires au monde. Pourtant, beaucoup de spectateurs ignorent encore un détail important : cette œuvre n’est pas née au Japon. Avant de devenir un anime à succès produit par un studio japonais, Solo Leveling était un roman publié en Corée du Sud. L’œuvre a ensuite été adaptée en webtoon, puis en anime, avant de conquérir des millions de lecteurs et de spectateurs à travers le monde. D’ailleurs, même le nom du héros révèle ses origines coréennes. Le personnage principal s’appelle Sung Jinwoo (성진우). En Corée, le nom de famille est traditionnellement placé avant le prénom. « Sung » est donc le nom de famille, tandis que « Jinwoo » ou « Jin-woo » est le prénom. Alors, Solo Leveling est-il coréen ou japonais ? La réponse est plus intéressante qu’il n’y paraît.   Solo Leveling, c’est quoi exactement ? Si vous n’avez jamais entendu parler de Solo Leveling, voici l’essentiel. L’histoire se déroule dans un monde où des portails mystérieux apparaissent un peu partout sur Terre. Ces portails donnent accès à des donjons remplis de monstres dangereux. Pour protéger l’humanité, certains individus ont développé des pouvoirs surnaturels. On les appelle des chasseurs. Parmi eux se trouve Sung Jinwoo. Il est considéré comme le plus faible de tous. D’ailleurs, il est souvent surnommé « l’arme la plus faible de l’humanité ». Cependant, après une mission particulièrement dangereuse, sa vie bascule. Il obtient une capacité unique qui lui permet de progresser d’une manière impossible pour les autres chasseurs. Sans révéler davantage l’intrigue, c’est cette progression spectaculaire qui a séduit des millions de lecteurs puis de spectateurs dans le monde entier. À première vue, Solo Leveling ressemble à un anime japonais classique. Pourtant, son histoire commence bien avant sa diffusion à la télévision japonaise.   Une histoire qui a connu trois vies Le succès de Solo Leveling ne s’est pas construit du jour au lendemain. Au contraire, l’anime n’est que la dernière étape d’une aventure commencée plusieurs années plus tôt en Corée du Sud. Avant de conquérir les plateformes de streaming, Solo Leveling a d’abord été un roman en ligne, puis un webtoon à succès. C’est cette évolution qui explique en grande partie sa popularité mondiale.   D’abord un roman coréen L’histoire de Solo Leveling débute en 2016 sur Kakao Page, l’une des principales plateformes de publication numérique en Corée du Sud. L’auteur Chu-gong (추공, 秋空) y publie un roman intitulé ‘나 혼자만 레벨업'((Na honjaman rebereop). Le récit rencontre rapidement son public grâce à son univers inspiré des jeux vidéo. Les lecteurs apprécient également l’évolution constante du personnage principal. À cette époque, cependant, l’œuvre reste encore peu connue en dehors de la Corée du Sud.   Que signifie le titre original ? Le titre original est 나 혼자만 레벨업 en coréen.  Il peut être décomposé ainsi : 나 (na) : moi 혼자 (honja) : seul 만 (man) : la particule qui signifie seulement 레벨업 (rebereop) : level up (anglais) Une traduction naturelle en français serait : « Moi seul monte de niveau » ou « Seul à monter de niveau ». Cette expression résume parfaitement le concept de l’histoire. Sung Jinwoo possède une capacité unique qui lui permet de progresser alors que les autres chasseurs restent limités. C’est aussi un bon exemple de la façon dont les Coréens intègrent parfois des mots anglais dans leur langue quotidienne.   Puis un webtoon phénomène En 2018, l’œuvre est adaptée en webtoon par H-Goon ou Hyeon Goon (현군), avec des illustrations de Jang Sung-rak (장성락), plus connu sous le nom de Dubu. Dessinateur et auteur de webtoons sud-coréen, ce dernier était également l’ancien directeur du studio Redice. Grâce à son style graphique spectaculaire et à son format pensé pour les smartphones, cette version illustrée change tout et propulse Solo Leveling vers un succès international.     Enfin, un anime mondialement connu En 2024, Solo Leveling franchit une nouvelle étape avec son adaptation en anime. La production est confiée au studio japonais A-1 Pictures. Celui-ci est déjà connu pour plusieurs séries à succès. L’anime reprend l’histoire du webtoon tout en bénéficiant du savoir-faire de l’industrie japonaise de l’animation. Le résultat dépasse les attentes. Très rapidement, Solo Leveling attire un public encore plus large. C’est d’ailleurs à ce moment-là qu’une question commence à revenir régulièrement : si l’anime est japonais, pourquoi dit-on que Solo Leveling est une œuvre coréenne ?   Coréen ou japonais ? La confusion est parfaitement compréhensible. La plupart des personnes découvrent Solo Leveling à travers l’anime. Elles entendent des dialogues en japonais. Elles voient un studio japonais dans le générique. Enfin, elles regardent une série produite selon les codes de l’animation japonaise. Il est donc naturel de penser qu’il s’agit d’une œuvre japonaise.  Pourtant, les origines de Solo Leveling se trouvent bien en Corée du Sud. L’auteur du roman est coréen. Le roman original a été publié sur une plateforme coréenne. Le webtoon qui a rendu l’œuvre célèbre est également coréen.  Autrement dit, l’histoire, les personnages et l’univers sont nés en Corée avant d’être adaptés au Japon. On pourrait comparer cela à un roman français adapté par un studio américain. L’adaptation change de langue et de format, mais l’œuvre originale reste française. Ainsi, Solo Leveling représente un exemple fascinant de collaboration culturelle entre la Corée du Sud et le Japon. Mais une autre question mérite d’être posée : comment cette histoire a-t-elle réussi à séduire le monde entier ?   Les ingrédients d’un succès mondial Le succès de Solo Leveling ne repose pas sur un seul élément. D’abord, son héros est facile à comprendre. Sung Jinwoo commence l’histoire comme le plus faible des chasseurs. Le lecteur découvre donc l’univers à travers ses difficultés, ses échecs et ses progrès. Ensuite, l’œuvre utilise un mécanisme bien connu des amateurs de jeux vidéo : la progression par niveaux. Chaque victoire permet au personnage principal de devenir plus fort. Ce système crée une forte envie de connaître la suite. Par ailleurs, le format webtoon a joué un rôle important. Les épisodes se lisent facilement sur smartphone. Les scènes d’action profitent également du défilement vertical pour gagner en intensité. Enfin, l’adaptation en anime a permis à Solo Leveling d’atteindre un public encore plus large. Ce succès montre aussi que la culture populaire coréenne ne se limite plus à la K-pop ou aux séries télévisées.   Solo Leveling n’est peut-être que la partie visible de l’iceberg Pendant longtemps, lorsque l’on parlait de Hallyu, culture populaire coréenne, on pensait surtout à la K-pop et aux dramas. Aujourd’hui, les webtoons coréens connaissent à leur tour un succès international impressionnant. Solo Leveling est sans doute le plus célèbre d’entre eux. Pourtant, il est loin d’être le seul. Si vous avez apprécié cet univers, voici quelques autres webtoons coréens à découvrir. Tower of God L’histoire d’un jeune garçon qui pénètre dans une mystérieuse tour afin de retrouver son amie. Cette œuvre mélange fantasy, aventure et mystère. Elle a également été adaptée en anime. The God of High School Cette série met en scène un tournoi d’arts martiaux entre lycéens. Cependant, derrière la compétition se cachent des enjeux beaucoup plus importants. Noblesse Considéré comme un classique du webtoon coréen, Noblesse raconte l’histoire d’un noble vampire réveillé après plusieurs siècles de sommeil. Eleceed Cette série mêle humour, action et super-pouvoirs. Elle est souvent recommandée aux lecteurs qui apprécient les personnages attachants et les combats dynamiques. Omniscient Reader’s Viewpoint Probablement l’un des webtoons coréens les plus populaires du moment. Le héros se retrouve projeté dans l’univers d’un roman qu’il était le seul à avoir lu jusqu’à la fin.  Comme Solo Leveling, cette œuvre mélange action, progression et univers fantastique. Ainsi, le succès de ces séries montre que la Corée du Sud est devenue l’un des acteurs majeurs de la bande dessinée numérique mondiale.   En conclusion À première vue, Solo Leveling ressemble à un anime japonais comme beaucoup d’autres. Pourtant, derrière son adaptation animée se cache une histoire née en Corée du Sud. Tout a commencé par un roman publié en ligne. Puis l’œuvre est devenue un webtoon à succès avant de conquérir le monde sous forme d’anime. Cette trajectoire exceptionnelle explique pourquoi tant de personnes découvrent aujourd’hui les webtoons coréens grâce à Solo Leveling. Et ce phénomène pourrait bien ne faire que commencer.   Et vous ? Avez-vous découvert Solo Leveling grâce au roman, au webtoon ou à l’anime ? Ou, au contraire, n’en aviez-vous jamais entendu parler avant de lire cet article ? Connaissez-vous d’autres webtoons coréens qui mériteraient d’être découverts ? Partagez vos recommandations dans les commentaires. Je serai ravie d’enrichir cette liste avec vos suggestions !   Vous aimeriez lire d’autres articles similaires ? 😉   Faker : la légende coréenne de League of Legends Du positif dans le négatif : l’art de la négation en coréen Squid Game Saison 2 : que cachent ces jeux coréens ? Pourquoi apprendre le coréen : 4 raisons économiques    

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Pourquoi la Corée célèbre la Journée des enfants : histoire et vocabulaire coréen expliqué

Le 5 mai, la Corée du Sud célèbre la Journée des enfants : 어린이날. Je me souviens très bien de cette période, quand j’étais enfant à Séoul. Ce jour-là, j’étais toujours heureuse, car l’école fermait ! Comme il s’agissait d’un jour férié — et il l’est toujours — mes parents emmenaient mon grand frère et moi au zoo ou dans un parc d’attractions. Ensuite, nous mangions des choses délicieuses : de la glace, de la barbe à papa… Tout avait un goût particulier ce jour-là. À la fin de la journée, mon père se montrait souvent fatigué, car il travaillait dès le lendemain. Pourtant, moi, j’attendais ce moment avec impatience. C’était notre journée, une vraie fête : la Journée des enfants. Dans cet article, nous allons découvrir qui a créé cette journée, à quelle époque et dans quel contexte. Puis, nous comprendrons qui a inventé le mot 어린이 et pourquoi. Enfin, nous verrons comment les Coréens célèbrent cette fête aujourd’hui et ce qu’elle révèle de leur culture.   Une fête joyeuse, mais chargée de sens À première vue, cette journée semble simplement joyeuse. Pourtant, elle repose sur une histoire bien plus profonde. En effet, Bang Jeong-hwan (방정환) crée la Journée des enfants en 1923 avec une intention précise. Mais qui est-il exactement ? Né en 1899 à Séoul, Bang Jeong-hwan est écrivain, éditeur et militant. Très tôt, il décide d’améliorer la condition des enfants. À cette époque, la Corée subit la domination japonaise et la société connaît de fortes inégalités. Par conséquent, les adultes considèrent souvent les enfants comme des êtres immatures, sans véritable statut. Avant même 1923, il agit concrètement. D’une part, il se consacre à la littérature jeunesse : il écrit, adapte et publie des histoires destinées aux enfants. D’autre part, il participe activement à la diffusion de revues pour la jeunesse. Son objectif reste clair : proposer des contenus adaptés à leur sensibilité tout en stimulant leur imagination. Cependant, son engagement ne s’arrête pas là. Il organise aussi des lectures publiques et des activités culturelles. En parallèle, il sensibilise les adultes à la place des enfants dans la société. Il contribue également à la création du mouvement 색동회, qui défend les droits des enfants et promeut leur bien-être. Progressivement, une idée s’impose à lui : pour transformer la société, il faut d’abord changer le regard porté sur les enfants.   Pourquoi cette journée a été créée Dans ce contexte, la Journée des enfants répond à un problème bien réel. À l’époque, la société n’accorde pas aux enfants un véritable statut. On les voit comme des êtres inachevés. Leur parole compte peu et leur place reste secondaire. De plus, cette vision apparaît clairement dans le langage quotidien. Certains mots utilisés pour désigner les enfants peuvent sembler familiers, voire dévalorisants. Face à cette réalité, Bang Jeong-hwan décide d’agir. Il ne veut pas simplement instaurer une journée festive. Au contraire, il cherche à transformer la manière dont les adultes perçoivent les enfants. Selon lui, il faut reconnaître leur dignité. Les enfants ne sont pas seulement des adultes en devenir : ils sont déjà des personnes à part entière. Ainsi, la Journée des enfants devient un outil de changement. Elle sensibilise la société, encourage les adultes à accorder plus d’attention aux enfants et promeut des pratiques éducatives plus respectueuses. En somme, tout commence par le regard — et ce regard passe largement par les mots.   Avant “어린이” : comment appelait-on les enfants ? À cette époque, plusieurs termes existent déjà en coréen pour désigner les enfants. Le plus courant est 아이. On utilise également 애, plus familier, ainsi que 아기, qui désigne un bébé. Par ailleurs, le mot 새끼, initialement employé pour les petits des animaux, peut aussi s’appliquer aux enfants. Cependant, son sens varie fortement selon le contexte : il peut être affectueux ou, au contraire, très péjoratif. Aujourd’hui encore, ces mots restent courants dans la langue quotidienne. Par exemple, 우리 아이 signifie « mes enfants » et s’utilise très naturellement. En revanche, des termes comme 애 ou 새끼 peuvent évoquer un ton plus brut, parfois proche de « gamin » ou d’expressions plus dures en français. Cependant, ces mots présentent une limite importante. Ils restent neutres ou familiers et, dans certains cas, peuvent paraître condescendants. Ils ne transmettent pas une idée de respect ou de reconnaissance. En effet, la société perçoit souvent l’enfant comme un être incomplet, destiné à devenir adulte. Cette réalité reflète une vision plus large. Les enfants occupent une place secondaire : ils appartiennent à la famille, mais on les considère rarement comme des individus à part entière. Ainsi, le choix des mots révèle une hiérarchie implicite. C’est précisément cette vision que Bang Jeong-hwan décide de remettre en question.   La création du mot “어린이” Pour provoquer ce changement, Bang Jeong-hwan introduit un nouveau terme : 어린이. Ce choix linguistique ne doit rien au hasard. Le mot se compose de 어린 (« jeune ») et du suffixe -이. Ce suffixe mérite une attention particulière. En coréen, il n’est pas utilisé de manière systématique pour dire « personne ». Au contraire, il apparaît dans certains mots spécifiques et désigne souvent un individu caractérisé par une qualité. Par exemple, 늙은이 désigne une personne âgée, tandis que 젊은이 renvoie à un jeune adulte. On trouve aussi 쌍둥이 (jumeaux) ou 막둥이 (le plus jeune enfant d’une famille). Dans tous ces cas, le suffixe -이 apporte une dimension humaine ou affective. Dans 어린이, il joue le même rôle. Il permet de considérer l’enfant comme un individu à part entière. Ainsi, on ne parle plus seulement d’un état ou d’une catégorie, mais bien d’une personne identifiable. Grâce à ce terme, le regard change. Le mot 어린이 signifie littéralement « jeune personne ». Il introduit donc une idée de respect et de reconnaissance. Autrement dit, nommer devient un acte social : en changeant le vocabulaire, Bang Jeong-hwan transforme la manière de penser.   L’évolution de la date et du jour férié Au fil du temps, la date de cette journée évolue. Initialement, en 1923, on célèbre la Journée des enfants le 1er mai. Ce choix s’inscrit dans une dynamique sociale plus large. Cependant, il pose rapidement problème, car il coïncide avec la fête du Travail. Pour éviter cette confusion, les organisateurs modifient la date. Dans les années suivantes, la fête se tient à différentes périodes, notamment le premier dimanche de mai, afin de faciliter la participation des familles. Après la libération de la Corée en 1945, la situation se stabilise progressivement. Peu à peu, le 5 mai s’impose comme date officielle. Par ailleurs, cette journée ne devient pas immédiatement un jour férié. D’abord reconnue socialement, elle obtient une reconnaissance légale en 1961, lorsqu’on l’intègre à une loi sur le bien-être des enfants. Finalement, en 1975, le gouvernement officialise le 5 mai comme jour férié. Depuis, tout le pays célèbre cette journée chaque année.   Comment les Coréens célèbrent-ils cette journée aujourd’hui ? Aujourd’hui, les familles attendent cette journée avec impatience. Les parents consacrent du temps à leurs enfants et organisent souvent des sorties. Par conséquent, les parcs, les zoos et les parcs d’attractions attirent énormément de monde. L’ambiance devient festive. En parallèle, les enfants reçoivent fréquemment des cadeaux et participent à des spectacles ou à des activités culturelles. Dans les grandes villes, les institutions jouent aussi un rôle important. Les musées proposent des programmes spéciaux, tandis que certaines structures publiques ouvrent gratuitement. De plus, de nombreux ateliers éducatifs sont organisés. Ainsi, la journée combine divertissement et apprentissage. Cependant, au-delà de ces activités, le message reste essentiel. Cette fête rappelle l’importance d’accorder du temps aux enfants et de reconnaître leur place dans la société. Pour beaucoup de Coréens, il ne s’agit pas seulement d’une célébration, mais aussi d’un moment de réflexion sur l’éducation et le rôle des parents. D’une certaine manière, cette réalité fait écho à mes souvenirs d’enfance. Bien sûr, les sorties, les rires et les douceurs restent marquants. Néanmoins, avec le recul, leur signification devient plus claire : ces moments exprimaient aussi de l’attention et du respect.   Conclusion : une fête, un mot, une vision En définitive, la Journée des enfants en Corée dépasse largement le cadre d’un simple jour férié. Derrière les activités et les cadeaux, elle porte une intention forte : changer le regard sur les enfants. Elle s’inscrit dans un contexte historique précis et reflète une évolution profonde de la société coréenne. De plus, le mot 어린이 illustre parfaitement cette transformation. Il ne s’agit pas seulement d’un nouveau terme, mais d’une véritable vision. Il reconnaît l’enfant comme une personne à part entière. Ainsi, le langage devient un outil de changement social. Apprendre une langue ne consiste donc pas uniquement à mémoriser du vocabulaire. Cela implique aussi de comprendre une culture, ses valeurs et sa manière de voir le monde. Derrière chaque mot, il existe une histoire. Derrière chaque expression, une vision.    

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Macron parle coréen et écrit le hangeul : un détail qui a surpris la Corée

Introduction Le 2 avril 2026, Emmanuel Macron s’est rendu en Corée du Sud pour célébrer 140 ans de relations diplomatiques. Derrière cet anniversaire, une histoire dense se dessine, entre tensions initiales et rapprochements progressifs. Et pourtant, au cœur de cette visite officielle, un détail inattendu attire l’attention : quelques mots en coréen… et surtout, une écriture manuscrite.   Une rencontre difficile : Expédition française en Corée  Au départ, la rencontre entre la France et la Corée ne relève pas du dialogue. En 1866, la Corée du royaume de Joseon reste fermée aux influences étrangères. Cependant, des missionnaires catholiques français y sont présents clandestinement. Leur influence inquiète les autorités locales, soucieuses de préserver l’ordre social. Ainsi, plusieurs missionnaires sont arrêtés puis exécutés. Pour la France, cet acte appelle une réponse. Une expédition militaire est envoyée vers la péninsule coréenne. Les troupes françaises attaquent l’île de Ganghwa (강화도), stratégique pour accéder à la capitale. L’opération reste limitée et ne débouche pas sur une occupation durable. Cependant, cet épisode, appelé 병인양요(Byung-in-yang-yo), marque profondément les deux pays. Du côté coréen, il renforce la méfiance envers l’Occident. Du côté français, il constitue un premier contact direct, bien que conflictuel. Cette rencontre se fait sans compréhension mutuelle, chaque camp agissant selon sa propre logique.   La naissance d’un lien structuré Cependant, cette relation évolue rapidement vers une forme plus stable. En 1886, le traité d’amitié et de commerce entre la France et la Corée est signé. Ce texte marque le véritable début des relations diplomatiques officielles. Ainsi, en 1887, Victor Collin de Plancy devient le premier représentant diplomatique français en Corée. Il arrive avec une équipe très réduite. Le personnel se compose uniquement de lui-même et d’un interprète. Cet interprète, Maurice Courant, jouera un rôle majeur. Il est aujourd’hui considéré comme le père des études coréennes en France. Par ailleurs, les échanges commencent à se développer. En 1890, un premier Coréen arrive en France. Ensuite, en 1896, une légation française est établie à Jeong-dong, à Séoul. Ces étapes montrent une volonté progressive de compréhension et de coopération.   Entre circulation et restitution : objets, savoirs et mémoire Cependant, cette relation ne se limite pas à la diplomatie. Elle passe aussi par des objets, des textes et des transferts culturels. Le cas du 직지심체요절 (Jikji) est emblématique. Ce texte bouddhique, imprimé en 1377, est le plus ancien livre imprimé avec des caractères métalliques mobiles. Il est aujourd’hui conservé à la Bibliothèque nationale de France. Il est arrivé en France à la fin du XIXe siècle, notamment via les collectes de diplomates comme Victor Collin de Plancy. Par ailleurs, les 외규장각 의궤 (Uigwe) racontent une autre histoire. Ces manuscrits royaux ont été emportés par les troupes françaises lors de l’expédition de 1866. Pendant plus d’un siècle, ces ouvrages restent en France. Lors de sa visite en Corée en 1993, le président François Mitterrand restitue un premier volume sur les 297. Puis, en 2011, la France organise le retour des manuscrits en Corée, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, sous forme de prêt renouvelable à long terme. Ainsi, les échanges entre les deux pays ne sont pas uniquement intellectuels. Ils impliquent aussi des questions de mémoire, de patrimoine et de responsabilité.   Les présidents français en Corée : des visites rares mais significatives Ainsi, malgré ces liens anciens, les visites présidentielles françaises en Corée restent rares. En 1993, un président français effectue une première visite officielle en Corée du Sud : François Mitterrand. Ensuite, Jacques Chirac en 2000, François Hollande en 2015, s’y rendent à leur tour. Emmanuel Macron devient ainsi le quatrième président français à visiter la Corée.        Macron parle coréen Dans ce contexte, un détail attire l’attention lors de la visite de 2026. Emmanuel Macron commence son discours en coréen : 1/ « 안녕하십니까, 여러분 ? » Cette phrase signifie simplement « Bonjour à tous ! ». Pourtant, le choix de la forme est révélateur. La plupart des apprenants connaissent « 안녕하세요 ? », forme honorifique standard. Ici, « 안녕하십니까 ? » appartient à un registre plus élevé. Il combine l’infixe honorifique -시- et la terminaison formelle interrogative -ㅂ니까. Il s’agit du niveau de politesse le plus élevé, utilisé dans les contextes officiels. On l’entend notamment dans les annonces à bord des compagnies coréennes comme Asiana Airlines ou Korean Air. 2/ « 대통령님, 따뜻한 환대에 감사드립니다. » Ensuite, il surprend le président coréen, LEE Jae-myung, et son épouse en formulant un remerciement élaboré en coréen : « Monsieur le Président, merci pour votre accueil chaleureux. » Le mot 대통령 désigne le président d’un pays. Le suffixe -님 marque un haut niveau de respect. On le retrouve dans des mots comme 선생님 (professeur) ou 사장님 (directeur). La forme 감사드립니다 est également significative. Elle est plus formelle et plus soutenue que le simple 감사합니다. On utilise 감사드립니다 pour « merci pour… », tandis que 감사합니다 peut être utilisé pour « merci » tout court ou « merci pour… ». 3/ « 감사합니다 » et « 위하여 ! » Enfin, il conclut avec deux expressions coutes : « 감사합니다 » et « 위하여 ! » La première signifie « merci » en registre formel. La seconde, 위하여, signifie littéralement « pour ». Elle est utilisée dans les toasts, avec le sens de « santé ! ». On entend aussi souvent 건배, d’origine sino-coréenne. Pour écouter son coréen, cliquez ici. À première vue, cela peut sembler attendu. Il est courant qu’un dirigeant apprenne quelques phrases dans la langue du pays visité. Jusqu’ici, je pensais donc à une simple lecture phonétique, basée sur l’alphabet latin. Cette hypothèse est fréquente dans ce type de situation. Pourtant, un élément vient contredire cette première impression.   Emmanuel Macron écrit le Hangeul Dans le livre d’or de la Maison Bleue (청와대), Emmanuel Macron écrit correctement « 감사합니다 » à la main. À en juger par sa graphie, il a même respecté l’ordre des traits, au lieu de simplement dessiner les caractères, comme le font de nombreux apprenants francophones qui dessinent le Hangeul en style imprimé. Ce détail authentique modifie complètement l’interprétation de la scène. Il ne s’agit plus seulement de reproduire des sons, mais bien de maîtriser un système d’écriture. Son geste a fait couler beaucoup d’encre dans les médias coréens. (Voir ci-dessous des extraits de l’actualité de KTV et de SBS) En parallèle, pendant son séjour en Corée, il publie aussi du coréen sur son Instagram : « 정말 감사합니다 » (merci vraiment), « 친구들 » (amis), « 손가락 하트 » (le cœur de doigts 🫰). Il combine donc trois éléments : lecture, écriture manuscrite et usage public. À ce jour, aucun président français en visite en Corée n’avait montré ces trois aspects simultanément.   Un geste touchant Je dois l’admettre : j’ai été touchée. Non pas par la performance en elle-même, mais par l’effort. Maîtriser l’écriture coréenne demande de comprendre une logique différente, un geste particulier. Ce n’est pas intuitif pour un locuteur habitué à l’alphabet latin. Ainsi, la surprise ne vient pas du niveau linguistique. Elle vient du fait d’avoir franchi une étape que beaucoup ne franchissent pas : lire et écrire réellement l’alphabet coréen, Hangeul. Par ailleurs, pour ceux qui veulent lire et écrire le hangeul facilement en 10 ou 15 jours, sans passer par l’alphabet latin, j’ai créé le Petit Cahier d’écriture coréenne.    Conclusion La France et la Corée entretiennent des relations diplomatiques depuis 140 ans. Cet anniversaire met en lumière une évolution marquée, entre histoire complexe et rapprochement progressif. Dans ce contexte, le geste du président français prend une résonance particulière. J’ai été touchée par ses efforts pour parler coréen et par sa maîtrise authentique du hangeul. Plus qu’une formule apprise, il a montré une capacité réelle à lire et écrire. Cette attention a créé un effet immédiat auprès des Coréens. Le hangeul n’est pas un système réservé à une élite. Il peut être appris rapidement, à condition de changer d’approche. Le vrai déclic est là : abandonner l’alphabet latin… et entrer directement dans le hangeul. C’est à ce moment-là que tout devient plus naturel. Et que vous pouvez, vous aussi, surprendre un Coréen — n’importe où. Vous avez déjà surpris un Coréen ? Partagez votre anecdote en commentaire.   Continuez à lire mes autres articles similaires : Jikji, le livre coréen plus ancien que la Bible de Gutenberg – Apprendre le coréen Hangeul, l’histoire de sa création que tu ne connais certainement pas – Apprendre le coréen Hangeul & Coréen : 8 questions pour tout comprendre – Apprendre le coréen L’erreur fatale pour apprendre le Hangeul : la romanisation – Apprendre le coréen Apprendre le coréen comme on apprend à chanter – Apprendre le coréen  

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Bonjour la Corée

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Les élèves racontent leur expériences

Témoignage de Nathalie

Témoignage de Manon

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Hanbok acheté dans une boutique

Qui suis-je ?

Bienvenue sur mon blog dédié à l’enseignement du coréen pour les francophones. Je suis 운례 (Ounié), une passionnée de musique classique et experte en langue coréenne. Née et élevée à Séoul, j’ai posé mes valises en France en janvier 2000. Maman de deux enfants, Maya et Yann, qui inspirent mon pseudo professionnel.