BTS donne son concert de retour le samedi 21 mars à Gwanghwamun, au cœur de Séoul. Ce n’est pas une salle fermée, mais un lieu immense et symbolique. L’événement sera retransmis dans le monde entier sur Netflix. Cette annonce a réveillé la mémoire collective. Beaucoup se sont demandé : pourquoi Gwanghwamun ? Pourquoi une place, et non un stade ? Pour moi, ces questions ont ramené d’anciens souvenirs.
Quand je vivais à Séoul, j’allais souvent à Gwanghwamun. J’y venais pour assister à un spectacle au Sejong Center ou pour flâner dans la grande librairie Kyobo. Ce lieu, ouvert le 24 décembre 1980, est devenu depuis une institution culturelle. Pourtant, Gwanghwamun ne se limite pas à la culture : c’est aussi une voix politique du peuple coréen.
Ainsi, dans cet article, je vous invite à redécouvrir Gwanghwamun : la signification de son nom, sa taille impressionnante, son rôle dans l’histoire du pays et sa signification actuelle, surtout au moment où la musique y revient comme un écho du passé.
Qu’est-ce que Gwanghwamun ?
Revenons en arrière. Pendant 500 ans de la dynastie Joseon, fondée en 1392, cinq palais royaux furent construits à Séoul. (Voir les images ci-dessous) D’ailleurs, le nom même de Séoul (서울) vient d’un mot coréen ancien signifiant simplement « capitale ». Autrefois, la ville s’appelait Hanyang en sino-coréen. Parmi ces cinq palais, le plus important fut Gyeongbokgung, bâti en 1395. Autour de lui, quatre portes monumentales servaient de passage officiel. Celle du sud, Gwanghwamun, était la plus prestigieuse. Car les rois entraient et sortaient du palais de Gyeongbokgung par cette porte.
Ce n’était pas seulement l’accès principal du palais, mais un symbole politique. Devant la porte s’étendait l’avenue des Six Ministères, cœur administratif du royaume. C’est là que la vie politique et culturelle s’organisait. Les autres portes, plus discrètes, servaient aux usages quotidiens. Voilà pourquoi seule Gwanghwamun a traversé les siècles dans la mémoire collective : elle représentait la dignité du pouvoir royal.





Que signifie le nom ?
En coréen, Mun (문) signifie porte. Le mot Gwanghwa vient du sino-coréen et désigne la “transformation par la lumière”. Ce concept s’accordait parfaitement avec la philosophie politique de Joseon. Gouverner signifiait “éclairer le peuple” : l’instruction valait mieux que la force. Nommer cette entrée principale Gwanghwamun (광화문) — “la porte de la lumière civilisatrice par le roi” — exprimait donc une vision.
Placer la lumière au centre du pouvoir, voilà l’idée. Et cette notion traverse encore le temps. Aujourd’hui, face à la porte restaurée, chacun ressent ce message : la lumière de la connaissance doit toujours guider la société.

Dimensions et symboles
Gwanghwamun mesure environ trente-quatre mètres de large et quatorze de haut. Son architecture n’évoque pas la défense, mais la majesté et l’ouverture. Par cette porte passaient les cortèges royaux, les ambassadeurs étrangers, les cérémonies d’État. Elle incarnait la relation entre le roi et son peuple.
Certes, la guerre et la colonisation ont plusieurs fois abîmé l’édifice, mais il renaît aujourd’hui comme un repère identitaire. Les visiteurs s’arrêtent devant elle, souvent sans savoir pourquoi. Peut-être parce que, silencieusement, elle impose le respect et raconte la continuité d’un peuple.
La place de Gwanghwamun
Devant la porte s’étend maintenant Gwanghwamun Square, un vaste espace ouvert au cœur de Séoul. Il mesure environ 600 mètres de long et 100 mètres de large. L’avenue Sejong‑daero ou Sejongno, qui le traverse, compte seize voies. Elle est plus large que les Champs‑Élysées à Paris. Ce qui surprend, c’est que cette ampleur existait déjà à la fondation du royaume.
Le premier roi Taejo avait voulu une capitale respirant la clarté. Ce plan confucéen cherchait l’harmonie entre la montagne du Bugaksan et le palais. Aujourd’hui encore, la perspective relie passé et présent. Marcher sur Sejong‑daero revient à longer la colonne vertébrale de Séoul, où patrimoine et modernité s’entrelacent sans s’exclure.


Les statues, la mémoire et la voix du peuple
Au centre de la place se dressent deux statues : le roi Sejong et l’amiral Yi Sun‑sin. Le premier incarne la sagesse et la création de l’alphabet coréen ; le second symbolise le courage militaire. Ensemble, ils relient savoir et défense, culture et action. Ces figures, silencieuses, protègent la ville.
Mais la place ne sert plus seulement aux héros figés. Dans les années 1980, les étudiants y manifestaient pour la démocratie. Plus tard, les Coréens ont brandi des milliers de bougies lors des rassemblements pacifiques qui ont mené à la destitution de la présidente Park Geun‑hye. Ainsi, l’ancien espace royal est devenu une agora citoyenne. Ce qui appartenait au roi accueille désormais la parole du peuple. Cette métamorphose résume l’histoire contemporaine du pays.


Gwanghwamun hier et aujourd’hui
Gwanghwamun se situe à la jonction de deux axes majeurs : l’axe nord‑sud politique (Sejong‑daero) et l’axe est‑ouest économique (Jongno). À l’époque Joseon, les ministères les plus importants se trouvaient sur cette avenue nord-sud : Affaires administratives, Finances, Cérémonies, Armée, Justice et Travaux publics. Ces six ministères formaient le cœur de la gouvernance. Autour d’eux vivaient les familles de fonctionnaires et les lettrés.
Aujourd’hui, cette configuration perdure. Le siège du gouvernement, des ministères, des ambassades et de grands médias s’y trouvent. Les travailleurs déjeunent dans les restaurants alentour, les touristes photographient les statues, et les libraires continuent d’attirer les lecteurs. L’endroit reste le centre nerveux de Séoul, à la fois institutionnel et vivant.

Pourquoi BTS a choisi Gwanghwamun
Ce lieu n’a pas été choisi par hasard. BTS aurait pu remplir n’importe quel stade, mais le groupe a préféré un espace ouvert. Leur scène, dressée devant la porte de la lumière, prend une valeur symbolique. Depuis leurs débuts, ces artistes parlent de jeunesse, d’identité et de société. Se produire là, c’est entrer dans la continuité d’une histoire démocratique.
Ainsi, la musique pop rencontre l’histoire nationale. Et la tradition dialogue enfin avec le présent. Le concert de Gwanghwamun ne sera pas seulement un événement musical ; il deviendra une déclaration culturelle.
Conclusion
Quand j’ai appris que BTS jouerait à Gwanghwamun, une émotion m’a submergée. Ce lieu, pour moi, n’est pas un décor. Il fait partie de la mémoire coréenne. J’ai repensé aux soirées passées à Kyobo, à la lumière du palais, au vent d’hiver sur Sejong‑daero. Tout cela m’est revenu d’un coup. Le concert de BTS dépasse la musique. Il relie la jeunesse à l’histoire, le peuple à sa voix. En chantant devant la porte de la lumière, ils saluent ceux qui ont rêvé de liberté. Ce choix me touche profondément. Gwanghwamun redeviendra le point de rencontre entre le passé et le présent. Ce soir‑là, l’histoire respirera avec la musique. Les fans, les citoyens et la ville vibreront ensemble. La Corée s’offrira au monde sous une lumière nouvelle. Et moi, j’y verrai une promesse : celle d’un pays toujours vivant.
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5 commentaires
Enyliram
je suis allée sur ce lieu. et je n avais que des étoiles dans la yeux. leur geste mélanger le moderne et l ancien. les genres. la jeunesse et les plus anciens. montre qu un pays se construit en rassemblant.bravo la Corée. conserver ce concept
Francine
Merci Maya
Très intéressant et très touchant aussi !
Michele
Merci Maya pour se recit de memoire de ton beau pays , de tes racine que tu porte fierement et joliment de ton minois.Tu fait revivre l’ancien et le present qui s’entrecroise sans jamais eecrasé l un au l autre, qui comme un fil ex le fleuve Hans raconte cette epopé dans la contuinité d’un historique tantot tumultué et d’un long fleuve tranquille, tu partage un resentie qui touche ta chere Corée et tu nous la fait partagé avec tes tripes ton esprit et ton ame bien à toi Michele.<<Anecdote je porte au cou un petie collier en argent de mon prenom en coreen que mon fils ma offert pour mon aniversaire ainsi que le costume hanbook tu voie je suis gaté .
Michele
Pardon pour le fote mdr fautes
Arielle
Je trouve l article très intéressant et naturellement cela donne envie de découvrir les lieux.
Je ne suis pas une fan de KPOP et cela a éveillé ma curiosité.
Merci de nous faire découvrir votre culture.