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Européens changent et dansent K-pop
K-pop,  Non classé

Centre Culturel Coréen de Bruxelles et K-pop

Tous les ans à Bruxelles des jeunes dansent dans la rue en chantant la K-pop. C’est le spectacle de la fin d’année de l’Académie de K-pop. Ce programme qui n’existe pas en France est organisé par le Centre Culturel Coréen en Belgique. Dans ce centre de l’Europe, comment se situe le Centre Culturel Coréen pour faire connaître la culture du Pays du Matin calme ? Pour interviewer la directrice du Centre Culturel Coréen en Belgique, j’ai pris le train de Paris à Bruxelles.

Permettez-moi de vous présenter brièvement la Belgique. Ce pays est entouré par la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Mer du Nord. Sa capitale est Bruxelles, sa surface correspond au tiers de celle de la Corée, sa population, à 20% de celle de la Corée du Sud. Pourtant ce petit pays a trois langues officielles : le français, le néerlandais, et l’allemand parlé par 1% de la population des belges. Enfin, afin de communiquer entre compatriotes, il faut savoir parler anglais.

En plus six sièges sociaux d’organismes internationaux y sont installés: l’Union européenne, l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, l’Union de l’Europe occidentale, l’Union du Benelux, l’Organisation mondiale des douanes et le Coimbra Group. D’ailleurs à Bruxelles il y a plus de 20 000 fonctionnaires des 28 pays de l’Union européenne et plus de 180 ambassades! Le diplomate n’est pas un métier rare ici.

Ceci est la traduction de mon article publié sur le site d’actualité coréen OhMyNews. Cliquez ici pour lire l’article original en coréen.


K-pop

L’Académie K-pop a été créée en 2015, deux ans après la création du Centre Culturel. Il y a environ 100 élèves dans deux catégories : le vocal et la danse. Les professeurs sont sélectionnés en Corée du Sud par un concours organisé par le Service coréen de la culture et de l’information. Ce dernier est un organisme attaché au Ministère de la Culture de la République de Corée.

Le problème est la langue pour la communication. Etant donné les trois langues officielles de Belgique plus l’anglais, le programme se déroule en deux langues par un-e étudiant-e coréen-ne qui parle français et anglais.

Quel est le tarif selon vous ? Ne vous étonnez pas. C’est gratuit ! Ce n’est pas tout. Les expositions et les spectacles au sein du Centre Culturel sont tous gratuits ! Parce que si un organisme gouvernemental étranger engendre des bénéfices, cela peut provoquer un problème entre les deux pays.

Des jeunes apprennent la danse de K-pop au Centre Culturel Coréen de Bruxelles.

 

Cours de coréen

Séjong Hakdang est une école pour enseigner le coréen dans le Centre Culturel Coréen. Au début c’était gratuit y compris le manuel. Mais comme le taux de présence était trop faible, le Centre Culture a changé la tarification: 150€ pour un an et le livre est à la charge personnelle des étudiants depuis cette année. Par ailleurs la totalité de l’argent qu’il reçoit appartient à l’Etat coréen.

Il y a 10 classes et 220 élèves dans le Séjong Hankdang. La demande augmente chaque année. Pas mal d’élèves de la classe de chant dans l’Académie K-pop ont étudié le coréen en autodidactes pour traduire les paroles des chansons coréennes.

 

Programme du Centre Culturel Coréen

Par ailleurs il n’y pas que le cours de coréen dans le programme annuel du Centre Culturel mais aussi la calligraphie, l’art de création en papier coréen Hanji, Janggu (une percussion traditionnelle de la Corée), Taekwondo (un art martial traditionnel de la Corée), et la cuisine coréenne. Les adolescents et les jeunes adultes s’inscrivent plutôt aux programmes de la culture populaire. Les trentenaires ou quarantenaires préfèrent les ateliers sur la culture traditionnelle ou la musique classique.

L’Académie de K-pop est ouverte uniquement pendant les vacances scolaires d’été. Les classes de danse ont lieu à l’extérieur du Centre à cause de l’équipement nécessaire comme un grand miroir ou le sol spécial pour danser.

 

La cuisine du Centre Culturel Coréen de Belgique
L’atelier de la cuisine coréenne se déroule dans cette cuisine.

Les programmes du Centre Culturel Coréen dans le monde sont-ils pareils ? Non. Etant donné les limites du budget et du personnel fourni par la Corée du Sud et la diversité du goût des gens locaux, l’Etat coréen a décidé de varier les programmes des Centres Culturels du monde en s’adaptant à la culture locale. Le gouvernement coopère ou supporte les projets spécifiques ou les programmes uniques de chaque Centre Culturel.

 

BD et Manhwa

Par exemple la Belgique est le pays natal des Schtroumpf et de Tintin. Comme c’est le pays de la BD et du  premier musée de la bande dessinée d’Europe, le Centre Culturel Coréen en Belgique organise chaque année une exposition de bandes dessinées en partenariat avec le Musée Belge de la Bande Dessinée de Bruxelles. Cette année sous le thème de « Regard intérieur », les auteurs du Manhwa coréens et de la BD belge ont présenté leurs regards sur eux-même via leurs outils artistiques.

Le rôle du Centre Culturel est de faire le lien entre le musée du Manhwa, des associations du Manwha en Corée du Sud et les experts de bandes dessinées en Belgique et de les faire se rencontrer dans son espace. Autour de l’intérêt commun du Manwha, les professionnels et les conservateurs coréens et belges se réunissent, échangent leurs idées et choisissent ensemble le thème, les participants et tout autre processus. Ainsi, introduire l’échange culturel entre deux pays est la mission du Centre Culturel, selon la directrice CHOI Young-jin.

 

Echange réciproque

Certaines personnes revendiquent en disant « pourquoi le Centre Culturel Coréen financé par le gouvernement coréen expose et présente des auteurs étrangers ? ». Mme Choi y répond :

“Il ne faut pas se contenter de ne montrer que notre culture mais plutôt se connaître. En présentant notre culture, il faut également accorder notre attention à la culture de l’autre pays et c’est l’occasion de se connaître ensemble. Cela permettra un vrai échange culturel à long terme et permanent.”

Effectivement les fans et les connaisseurs des auteurs belges sont venus à l’exposition et ont découvert les dessinateurs coréens et la culture coréenne. L’année dernière la communication entre les participants des deux pays a continué. Le musée de Manhwa a invité les auteurs belges à Bucheon (lien), Corée du Sud. Ainsi, établir un change réciproque et l’élargissement des spectateurs est la mission importante du Centre Culturel Coréen en Belgique d’après Mme Choi.

 

Des auteurs de BD et de Manhwa exposent ensemble au Centre Culturel Coréen de Belgique
L’exposition “Regard Intérieur” du Centre Culturel Coréen de Belgique

 

 

Ensemble

Le Centre Culturel organise les expositions non seulement de BD, d’architecture, de photographies mais encore des spectacles. Grâce au Concours Reine Élisabeth, qui est un des trois top concours de musique classique, de nombreux artistes de qualité de la musique classique y séjournent. En partenariat avec ce concours, le Centre Culturel Coréen invite les finalistes coréens du concours et organise des concerts de gala avec les musiciens européens ou belges.

“C’est possible parce que le niveau de nos artistes coréens équivaut au niveau des artistes européens dans plusieurs domaines : K-pop, la musique classique, la danse contemporaine, le Hanhwa ou la bande dessinée, le Webtoon, la photographie, et l’architecture. J’ai également appris qu’il y a de nombreux artistes coréens méconnus en Corée du Sud mais assez célèbres en Europe.”

Est-ce à cause de la jalousie du Japon au sujet du succès du Centre Culturel Coréen que le Centre Culturel Japonais en Belgique, qui a été fermé en raison de la culture japonaise trop répandue, a récemment ouvert à nouveau ?

 

K-drama

Voici la réponse de Mme Choi à la question de savoir si les étrangers considèrent la K-pop ou le K-drama comme faisant partie de la culture coréenne à part entière.

“Le point de départ est tout différent. On ne peut pas connaître tout depuis le début. Quelque soit le départ, le Centre Culturel Coréen aide à trouver plusieurs liens entre les uns et les autres. Par exemple si nous présentons notre programme aux élèves de Séjong Hakdang, certains viennent pour voir d’autres programmes de la culture coréenne, par exemple le concert de musique indépendante  ou du Pansori. Ainsi, je crois qu’on peut élargir l’horizon de leurs expériences quelque soit leur point de départ. Tout le monde ne peut pas commencer par le même point de départ. Chacun sa démarche.”

Cliquez ici pour lire mon article Chant coréen : Arirang et Pansori sur le blog de Clotilde L’Antre du chanteur 

 

choi young jin
La directrice du Centre Culturel Coréen de Belgique, CHOI Young-jin (45 ans)

Les adoptés coréens

La France où je vis accueilli le plus grand nombre d’adoptés coréens après les Etats Unis. Certains entre eux apprennent le coréen pour retrouver leur langue maternelle oubliée ou pour communiquer avec leurs parents biologiques.  Parmi les adoptés coréens en France Fleur Pellerin et Jean-Vincent Placé, les deux politiciens sont connus en Corée du Sud. J’étais curieuse de connaître la situation des adoptés coréens en Belgique.

D’après Mme Choi, ils sont beaucoup plus nombreux que les résidants coréens en Belgique. Ces derniers y compris les étudiants sont environ 1 000, les résidants coréens permanents sont environ 400. Par contre les adoptés coréens, 5 000. Certains apprennent le coréen au Centre Culturel mais la plupart partent après avoir silencieusement assisté aux expositions ou aux spectacles.

Parmi les adoptés coréens en Belgique, Jung, le réalisateur du film « Couleur de peau : miel »,  et Sang Hoon Degeimbre sont très connus. Ce dernier a préparé le diner officiel des hôtes coréens lors de la visite du chef d’Etat de la Corée du Sud. Vous pouvez déguster sa cuisine au restaurant « l’air du temps ».

 

Ressemblance

Tout au long de l’interview, j’ai senti la fierté et la grande affection de Mme Choi pour la Belgique. Elle a eu le diplôme de littérature française en Corée du Sud et est venue en Belgique tardivement pour ses études, après l’âge de 40 ans. C’était très dur de faire des études en élevant ses enfants et en s’occupant de sa famille. Mais étant donné qu’elle était boursière de l’Etat, elle ne pouvait pas abandonner.

Deux ans plus tard, elle a eu le diplôme Master en étude européenne à Bruxelles. Depuis mars 2017 elle réside au Centre Culturel Coréen en Belgique jusqu’à mars l’année prochaine. Qu’est-ce que la Belgique signifie pour elle ?

“Nous n’avons pas la même couleur, ni la même langue. Il n’y pas de mot en français ou en anglais qui correspond à “Jeong” mais tout ce que nous ressentons par les paroles, les gestes ou le visage est pareil », répond-elle. (Cliquez ici pour comprendre le mot coréen “Jeong” dans mon article « cinq mots coréens intraduisibles.)

D’ailleurs la Corée et la Belgique ont également une histoire mouvementée par leur situation au milieu de pays puissants. Ce pays maintient sagement un équilibre entre deux grands pays, la France et l’Allemagne, parce qu’il est petit et faible, comme la Corée du Sud.

Par ailleurs le conflit linguistique en Belgique est pire que le régionalisme en Corée du Sud. Mais le roi conduit le pays dans une harmonie nationale sous le slogan « l’Union fait la force ». Ainsi, la Corée et la Belgique se ressemblent sur le fait d’avoir des difficultés entre les pays voisins puissants et d’avoir plusieurs raisons pour le peuple de se montrer solidaire.

 

Mention spéciale du roi

Mme Choi m’a raconté l’épisode le plus inoubliable de son mandat. C’était en mars 2019 quand le roi belge a fait une visite officielle en Corée du Sud au bout de 27 ans. Chaque chef d’état a prononcé son discours. Au tour de Philippe de Belgique, il a dit :

“Je suis ravi de constater que le Centre culturel coréen propose un programme riche en événements culturels de qualité. Effectivement,  il est bien le représentant principal(la fenêtre)de la Corée du Sud et de la culture coréenne à Bruxelles, la capitale de l’Europe.”
(C’est la traduction du texte en coréen qui est traduit du français lors de discours du ROI Philippe)

Le personnel du Centre Culture Coréen de Belgique était très étonné parce qu’aucun chef d’état, aucun visiteur officiel du pays n’avait mentionné le Centre Culturel Coréen. Qui a écrit le discours du roi ? Une des personnes, qui travaillent dans le Ministère des affaires étrangères, qui est situé derrière le Centre Culture Coréen en Belgique, est-elle venue voir une exposition ou un spectacle ? Est-ce grâce à la coopération du Centre Culturel Coréen au cours du temps passé pour ses recherches sur la Corée du Sud ? Mme Choi et ses collègues ont essayé de deviner qui et comment. De toute façon ils remercient le roi car c’était un honneur pour eux.

 

Epilogue

Les Centres Culturels Coréens dans les quatre coins du monde ne pourraient être qu’un lieu d’exposition ou de spectacle ordinaire pour les étrangers. Par contre les compatriotes coréens s’y sentent comme chez eux. Leur présence elle-même est un réconfort immense et solide pour moi qui vis en France depuis vingt ans.

Il n’est pas évident de faire connaître la Corée et la culture coréenne dans le centre de l’Europe. Pourtant l’approche ouverte et l’empreinte de partage de Mme Choi vers le public local m’impressionnent. Son attitude humble et spontanée m’a réchauffé le cœur.

Je termine cet article en applaudissant la jeune directrice dont le mandat se terminera mars 2020. D’ailleurs je remercie encore sincèrement tout le personnel du Centre Culturel Coréen de Belgique pour sa coopération professionnelle rapide et efficace.

Vous pouvez consulter le programme du Centre Culturel Coréen de Belgique sur son site Internet et ses ses réseaux sociaux. Si vous vous abonnez à sa newslettre, vous recevrez la mise à jour de ses infos culturelles par email tous les 15 jours.

la carte pour aller au Centre Culturel Coréen de Belgique

Ceci est la traduction de mon article publié sur le site d’actualité coréen OhMyNews.
Cliquez ici pour lire l’article original en coréen.

(Le droit d’auteur de la photo de couverture appartient au Centre Culturel Coréen de Bruxelles.)

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