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La Corée

Jeongwol-daeboreum : la fête traditionnelle la plus spectaculaire en Corée

Comme je l’ai écrit dans l’article sur Seollal, les premiers 15 jours du nouvel an sont une période sacrée et festive. Le 15 janvier en calendrier lunaire s’appelle Jeongwol-daeboreum. Jeongwol signifie janvier, Dae, grand et Boreum, 15 jours. Par exemple Boreum-dal signifie en coréen la lune du 15, çàd la pleine lune.

Au niveau de l’ambiance, selon mes souvenirs, Seollal est solennel et familial et Jeongwol-daeboreum, animé et divertissant grâce aux activités ludiques en collectif de 50 à 200 personnes.

Seollal, que font les coréen ?

Bataille de la chaleur

 

Le matin du Jeongwol-daeboreum, quand une personne vous appelle, ce serait mieux de ne pas lui répondre. Si vous lui répondez que oui, cela signifie que vous achetez sa chaleur d’été de l’année et vous prendrez sa chaleur. Alors que faire ? Vous lui en vendez directement en lui répondant : « achetez ma chaleur d’été ! (내 더위 사가라 !) ». C’est le premier jeu du Jeongwol-daeboreum entre famille, voisins ou amis.

 

Casser le Bureom

 

Si vous avez réussi à vendre votre chaleur, c’est le tour de casser un fruit à coque, par exemple une noix, une châtaigne crue, un fruit de ginko, un pignon de pin ou une cacahuète. Après en avoir cassé un avec les dents, vous ne le mangez pas mais jetez le fruit et la coque sur le toit ou dans le jardin en faisant un vœu : « je prie de ne pas avoir de boutons cette année ! » Attention ! Il ne faut pas utiliser le casse-noisette afin d’avoir les dents solides.

Des boutons s’appellent en coréen Buseureum (부스럼) ce qui ressemble au nom de ce rituel : Bureom Kkagui (부럼깨기). Honnêtement je ne vois pas le rapport entre les boutons et les dents ou des fruits à coque. En tout cas à partir du deuxième fruit à coque, vous pouvez en manger librement. J’ai des souvenirs de l’avoir fait avec papa dans le jardin.

 

Namul (gauche en haut), Bureom (droite en haut) et Ogokbap (centre en bas)

Source de l’image : By KOCIS (Korean Culture and Information Service) – http://www.kocis.go.kr/koreanet/view.do?seq=5213, KOGL Type 1, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=56237009

 

Ogokbap ou Yakbap

 

Ensuite les coréens mangent du riz aux 5 céréales ce jour-là matin, midi et soir : Ogokbap (오곡밥). On mélange du riz avec des millets gluants, des sorgos, des azukis et des haricots noirs. C’est ce que j’ai adoré le plus au Jeongwol-daeboreum ! J’avais envie d’en manger toute l’année.

Si vous avez plus de budget, vous pouvez faire du Yakbap (약밥) : le riz gluant avec des pignons de pin, des jujubes et des châtaignes. Les jujubes donnent le goût légèrement sucré. Pouvez-vous imaginer le goût ? C’est spécial !

 

Namul

 

L’Ogokbap ou le Yakbap accompagné de Namuls (나물) est délicieux ! Les Namuls désignent les plats complémentaires végétaux sur la table coréenne. Autrefois pour les conserver longtemps sans frigo ou pour en manger en hiver, les coréens ont développé plusieurs façons naturelles de conservation. Ils en ont fait fermenter comme le Kimchi ou séché par exemple des radis, des fanes de radis, des aubergines, des courgettes, des feuilles de courgette, des feuilles de piment, des fougères, des racines de campanule et encore d’autres plantes qui ne se trouvent pas en France. Des pousses d’haricots mungos (Sukju-namul, 숙주나물) ou de soja (Kong-namul, 콩나물) sont aussi de bons exemples de Namul en hiver.

 

Gyuibalguisul

 

Tout le monde partage une gorgée de Cheongju (청주) même les mineurs pour la croyance de ne pas avoir de maladie aux oreilles (gyui, 귀) dans l’année. Pourtant je ne me souviens pas d’avoir bu de Gyuibalguisul (귀밝이술).

Le Cheonju est l’alcool (Sul, 술) de riz coréen traditionnel qui correspond au Saké au Japon. Contrairement au Makgeoli (막걸리), qui est également l’alcool de riz opaque, le Cheonju est clair et limpide.

 

Jeux traditionnels – le jour

 

Les jeux traditionnels du Jeongwol-daeboreum sont spectaculaires le jour et la nuit !!!

La journée les coréens font le tir à corde (줄다리기) ou la bataille de Go (고싸움) en groupe ou jouent au cerf-volant en individuel. Surtout à la fin de ce dernier jeu, ils coupent le fil pour que le cerf-volant s’en aille. En croyant qu’il emporte les infortunes, des gens écrivent dessus « le malheur » ou « laisser partir le malheur et accueillir le bonheur ». Vu l’ampleur de ces jeux, ils ne se passent plus dans les grandes villes mais dans des campagnes.

Par ailleurs le Jisinbalki a lieu encore dans les grandes villes. Un groupe musicien traditionnel visite chaque maison ou quartier par quartier en chantant et dansant. Jisin signifie les dieux de la Terre et Balki, piétinement. En piétinant les dieux de la Terre, ils chassent les malheurs et prient les bonheurs dans les lieux où ils passent. Vous pouvez imaginer une parade musicale d’un spectacle de rue.

Go-ssaum

(Source de l’image : https://youthpress.net/xe/kypnews_article_culture/506624)

Jeux traditionnels – la nuit

 

Comme le nom porté par ce jour festif, les rituels les plus importants et impressionnants se passent la nuit, sous la pleine lune bien sûr.

Quand le nuit tombe, les enfants sortent avec leurs parents et font tourner une canette qui a des troues et une boule de feu dedans. Ce jeu de feu s’appelle le Jwibulnori (쥐불놀이). J’en ai fait au bord d’un ruisseau quand j’étais petite. C’était très amusant ! Mais maintenant ce jeu est interdit dans les villes à cause du risque d’incendie.

Des enfants jouent au Jwibulnori à la plage.

(Source de l’image : http://www.iusm.co.kr/news/articleView.html?idxno=868731)

 

Sous la lune, tout le monde prie pour son vœu. Quand des gens se rassemblent en grand groupe, une femme, souvent une chanteuse professionnelle, commence à entonner lentement un chant du folklore d’origine de la province Jeolla : « Ganggangsullae ».  Le public, autrefois seulement les femmes, se tient les mains dans les mains et danse en rond en répétant la faridondaine. Le Gaanggangsullae est inscrit en 2009 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. 

 

Ganggangsullae

 

Pour aider votre compréhension de ce chant, j’ai traduit un extrait de son texte original. Mais le texte n’est pas fixé.

 

Au pied d’une grand montagne, Ganggangsullae 

Une mademoiselle qui cueillit un camélia, Ganggangsullae 

Tourne-toi pour voir ton visage, Ganggangsullae 

Tourne de l’autre côté pour voir ton derrière, Ganggangsullae 

Ton apparence et ton attitude sont belles, Ganggangsullae 

Je te regarde mais tu ne reconnais pas, Ganggangsullae 

Si je te fais un signe, les autres reconnaitront, Ganggangsullae 

Pendant que nous travaillons ensemble, Ganggangsullae 

Si le soleil se couche, que faisons-nous ?, Ganggangsullae 

Ganggangsullae, Ganggangsullae 

 

La lune monte, la lune monte, Ganggangsullae 

La lune monte sur la mer de l’Est dans le ciel de l’Est, Ganggangsullae 

A qui est cette lune, Ganggangsullae 

C’est la lune du trésorier Bang, Ganggangsullae 

Où est le trésorier Bang, Ganggangsullae 

Il ne sait pas la levée de la lune, Ganggangsullae 

Il sait que la lune monte, Ganggangsullae 

Mais il ne vient pas car c’est stupéfiant, Ganggangsullae 

Il viendra quand il sera abasourdi, Ganggangsullae 

Je lui ai dit de venir me voir, Ganggangsullae 

Après avoir choisi une bonne date, Ganggangsullae 

Ma fille, ma fille, chère ma benjamine, Ganggangsullae 

Vas-tu à la fontaine pieds nus ?, Ganggangsullae 

Je t’achète des chaussures avec la vente d’une rizière ?, Ganggangsullae 

Je t’achète des vêtements avec la vente d’un champ ?, Ganggangsullae 

No, no, ne me dis pas cela, Ganggangsullae 

La vache qui est attachée devant la porte, Ganggangsullae 

Vends-la et achète mon amoureux, Ganggangsullae 

(Source du texte original en coréen : http://koreapansori.com/information/lyrics.php?ptype=view&idx=5751&page=1&code=lyrics)

 

 

Climax de Daeboreum

 

Voyez-vous ? La chanteuse peut créer et raconter des histoires pendant des heures pendant que la foule danse la farandole. A la fin, les gens dansent autour d’une tasse de paille et mettent le feu dessus. Certains brulent le papier sur lequel qu’ils ont noté leurs vœux. Cette tasse ou tour de paille s’appelle Daljip (달집), la maison de la lune. Bruler la maison de la lune est le climax des performances nocturnes.

Bruler la maison de la lune (source de l’image : https://www.yna.co.kr/view/AKR20200207050100051)

A partir du lendemain, la vie normale recommence pour une année.

 

Comment trouvez-vous ces cultures coréennes du Jour de l’an lunaire au Jeongwol-daeboreum ? Qu’est-ce qui vous impressionne le plus ?

 

3 commentaires

  • Nadège FEUILLET

    Merci Maya pour cet article intéressant, divertissant et enrichissant. Pour ma part, ce que j’ai trouvé de plus impressionnant, c’est le jeu Go-ssaum : Ce n’est pas un peu dangereux pour les participants, ceux qui sont dessus les structures et ceux qui sont en dessous ?!!!

    • Maya

      Bonjour Nadège,
      haha.. non, pas du tout. Normalement Gossaum est un jeu des garçons mais j’ai un souvenir d’en faire à l’école primaire. C’est super amusant !!! 😀

  • ROSINE

    bonjour Maya
    j’aime le Daljip ,je me demande comment ils procèdent pour créer cet ensemble en corde trés solide
    et quelle est la signification de ces 2 formes
    cela doit etre difficile à faire …
    et bien sûr le Ganggangsullae
    merci de nous faire découvrir ces précieuses traditions
    Rosine

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