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La Corée

Créatures fantastiques coréennes traditionnelles et leurs contes

Pour Halloween, je vous présente quatre créatures fantastiques qui font peur dans des contes traditionnels coréens : Gwishin (귀신), Dokebi (도깨비), Gumiho (구미호) et Jeoseungsaja (저승사자).

 

1/ Gwishin

 

Qu’est-ce qu’un Gwishin ?

Comme je vous l’ai présenté sur mon Instagram, un Gwishin est l’esprit mort d’un être humain, homme ou femme. Mais souvent de femmes parce que c’est plutôt les femmes qui étaient physiquement et socialement défavorisées. Selon la croyance des gens, quand une personne est morte, elle va au ciel dans la paix. Mais quand elle est morte subitement ou injustement, le Gwishin garde une rancune et ne peut plus quitter la terre. Il reste près des gens vivants et apparait devant eux pour demander de régler l’injustice liée à sa mort. En principe, un Gwishin n’embête jamais les gens honnêtes et gentils.

 

Comment est un Gwishin ?

Il porte le costume blanc de deuil traditionnel. Oui, autrefois les coréens s’habillaient en blanc pour le deuil. Actuellement ils portent aussi le noir mais la tenue traditionnelle du deuil est blanche comme une mariée en Occident. 😉 Par ailleurs, une mariée coréenne s’habillait principalement en rouge avec les cinq couleurs. Le bleu est la couleur du costume de mariage du marié.

D’ailleurs, il est mal coiffé. Ses cheveux tombent naturellement sans être peignés. Il a souvent des taches de sang au bord de la bouche ou sur son vêtement blanc. Personne n’a vu leurs pieds. S’il vous regarde dans le noir avec ses yeux perçants, il serait impossible de ne pas avoir peur !

 

Variété de Gwishin

Il y a plusieurs Gwishin différents en fonction du lieu d’apparition ou de la situation au moment de la mort.

  • Mulguishin : Gwishin qui vit dans l’eau
  • Geol-gwishin : quand une personne meurt de faim, elle devient Geolgwishin
  • Cheonyeo-gwishin : quand une jeune femme meurt sans être mariée
  • Chonggak-gwishin : quand un jeune homme meurt sans être marié
  • Jibangryung : Gwishin qui vit dans un endroit fixe

 

 

 

2/ Dokebi

Avez-vous regardé le drama coréen « Gobelin » dont le héro est joué par GONG You ? Son titre original est « Dokebi » en coréen. Aha ! Aha !

Comment est un Dokebi ?

« Dokebi a une ou deux cornes sur la tête, une tenue d’homme préhistorique, et un gourdin en métal. Sa peau est rouge et son visage est menaçant.» C’est ce que j’ai appris dans ma jeunesse à travers d’une histoire traditionnelle « un vieillard qui a une bosse sur le cou ».

 

Un conte traditionnel de Dokebi  

Voici l’histoire : il était une fois, un vieillard qui avait une bosse sur le cou. Il partit dans une montagne pour faire du bois. Le soleil se coucha et il descendit de la montagne. Il trouva une maison abandonnée et y entra pour passer la nuit. Pour ne pas avoir peur, il commença à chanter. Des Dokebis touchés par le chant y entrèrent et lui demandèrent d’où vient cette belle voix. Il répondit qu’elle venait de sa bosse. Il a menti. Mais les Dokebis le crurent et lui proposèrent de l’échanger contre un trésor. Le vieillard fut tout content d’avoir réussi à l’enlever et, en plus, de devenir riche !
Un autre vieillard qui avait aussi une bosse sur le cou habitait dans un village voisin et a entendu son histoire. Il attendit le coucher de soleil dans la maison vide. La nuit, il commença à chanter. Comme le cas précédent, des Dokebis vinrent chercher la source du chant. Le chef de bande lui demande encore d’où venait la voix du chant. Le vieux répondit comme son voisin de village. Le Dokebi dit en colère « l’autre jour, un vieillard nous a menti. Et toi aussi ! » Ensuite, il ajouta sur son cou la bosse qu’il avait achetée. Le vieillard rentra avec deux bosses. Cela est l’origine du proverbe « on est parti pour enlever une bosse, mais retourné avec deux. »

 

Dokebi coréen vs Oni japonais

En fait, ce n’est pas Dokébi. C’est faux. En cherchant des références pour écrire cet article, je viens de découvrir un fait stupéfiant : la description de Dokebi que je connaissais est japonaise ! L’histoire que je vous ai racontée est un conte traditionnel japonais. La créature fantomatique dans cette histoire s’appelle Oni, personnage folklorique japonais, pas de Dokebi ! Pendant l’occupation japonaise entre 1909 et 1945, le gouvernement japonais voulait annihiler la culture coréenne : la langue, l’esprit, et même les noms et prénoms coréens. Il a mis une histoire traditionnelle d’Oni japonais dans le manuel scolaire des écoles primaires en l’appelant Dokebi.

 

Comment est un Dokebi ?

Selon une émission de télé de EBS, un vrai Dokebi coréen n’a ni corne ni pagne ni gourdin. Selon les archives, apparemment c’est un homme grand, costaud et poilu. Il porte un chapeau en bambou, un haillon et un gros marteau en bois dans sa main. Comme il sent mauvais, il lui est impossible de séduire des femmes qu’il adore ! Il aime manger, boire, danser et chanter mais chante faux. Selon cette description, en aurez-vous peur ? Mais non, Dokebi n’est pas du tout intimidant comme Oni japonais. C’est tout le contraire. Surtout, il déteste le sang ! D’ailleurs il est simple, humain et social. Il apporte la fortune aux gentils et honnêtes et embêtent les méchants et malhonnêtes. La plupart du temps, il aime simplement faire des farces aux gens, souvent en groupe. Quelques fois, Dokebi apparaît dans les airs sous la forme de feu qui vole.

 

L’image captée de l’émission « Dokebi » sur la chaîne d’histoire de EBS

 

Conte traditionnel coréen de Dokebi

Il était une fois, Dolseo. Il travailla pour le riche et avare KIM. Quand il le quitta au bout de 30 ans de travail, Kim lui donna une récompense : un champ infécond qui était plein de cailleux. Pourtant Dolseo fût content d’avoir un champ à lui. Pour enlever les cailleux, ses mains furent toutes blessées. Ensuite, pour nourrir le sol, il ramassa précieusement toutes les crottes de humains ou de chiens. Quand il avait envie de faire caca, il se retenait et réglait ses besoins exclusivement chez lui.

Un jour, il fut invité dans un village derrière une montagne. Après avoir bien mangé, il eut mal au ventre et reçu le gros signal. Il se retint et prit le chemin du retour. Sur le flanc d’une montagne, il ne put plus se retenir. Il se précipita, posa une grande feuille et fit un gros caca. Ensuite, il fit un gros pipi, qui tomba comme une chute d’eau sur le visage d’un Dokebi en sieste. Ce dernier cria « qui pisse sur mon nez ! ». Dolseo, surpris, s’affaissa sur son excrément. Il pleura en le tenant aplati. Le Dokebi de la montagne lui demanda pourquoi il pleurait à cause de la merdre sale qui ne coûte rien du tout.

Après avoir écouté Dolseo, il le trouva pitoyable et décida de l’aider. « Ne t’inquiète pas ! Je t’en donne plein ! » Il murmura un charme : « Surisuri Susuri ! Toutes les crottes de chez Kim le riche volèrent vers chez Dolseo ! » Ce dernier rentra et trouva sa grange remplie de crottes. Ça sentait fort mais lui plaisait beaucoup. Grâce à ce fumier, son champ devient fertile et Dolseo eut une excellente récolte.

Un jour, il trouva une bague d’or dans le champ. Après réflexion, il alla chez Kim le riche en courant. « C’est sans doute la vôtre ? » dit-il. Sans dire merci, Kim le riche lui demanda comment il l’avait. Dolseo lui raconta tout ce qui s’était passé. Kim le riche se mit en colère et cria : « alors tu es le voleur de nos crottes ?! » Il demanda à ses servants de le rattraper et de le frapper fort. En plus, Kim le riche revendiqua de rendre toutes ses crottes ou toute la récolte.

Dolseo en bleu boita sur le chemin du retour et raconta l’injustice au Dokebi de la montagne. Ce dernier fut furieux et dit : « ok. Ne t’inquiète pas. Je vais lui rembourser plus 100 fois que la quantité originale ! » Il prononça ses charmes avec une voix si forte que la montagne trembla. « Surisuri Susuri ! Toutes les crottes du monde volèrent vers chez Kim le riche ! » Le ciel fut assombri des nuages de crottes qui venaient des quatre coins du monde toute la nuit. Le lendemain, la maison de Kim le riche était complètement enterrée sous une montagne de crottes. Les villageois en prirent pour nourrir leur sol et eurent une année exceptionnellement abondante.

 

 

3/ Gumiho

En Hanja, Gu signifie neuf, Mi, une queue, et Ho, un renard. Du coup, un Gumiho est un regard à neuf queues. Il a mille ans. En temps normal, il est transformé en femme irrésistiblement belle. Mais la nuit, il mange le foie de l’homme qu’elle a séduit la journée ou celui des morts dans les cimetières. Il est rusé et sait faire de la magie. Le Gumiho existe dans plusieurs pays autour de la Corée : le Japon, la Chine et le Vietnam.

 

4/ Jeoseungsaja

Le Jeoseungsaja est un commissionnaire du roi des enfers. Jeoseung signifie l’autre monde et Saja, messager. Sa mission est d’amener les esprits morts au royaume d’outre-tombe. Son visage est blanc et pâle comme la mort. Il ne sourit jamais. On ne peut pas le faire rire ! Sa tenue (voir ci-dessous) et son comportement sont très corrects. Il s’habille strictement en noir y compris son chapeau à queue de cheval. Dans une gourde, il ramasse l’âme des morts. Dans le drama « Gobelin », vous avez certainement vu ce personnage joué par LEE Dong-uk.

 

Jeoseungsaja traditionnel dans le drama « Arang and the Magistrate »

 

Jeoseungsaja dans le drama « Gobelin »

 

Alors cet article est-il intéressant ? Parmi ces quatre personnes, qui vous ferait le plus peur ? Merci de répondre en commentaire sous l’article. A la prochaine ! 🙂

 

 

15 commentaires

    • Bergez

      En vrai c trop intéressant, bravo et merci pour tes recherches. J’adore les contes rapides dans ce style, ils sont si efficaces.

      Franchement je n’aimerais pas rencontré le renard au neuf queue, il est assez flippant en fin de compte.

  • Leonie

    J’adore tes articles Maya ! Apprendre sur la culture coréenne c’est vraiment quelque chose que j’adore !
    J’avoue que tout ces monstres coréens et japonais me ferait un peu peur 😅. Et le drama « gobelin » j’ai vu le début et pour l’instant j’adore ❤️ je savais pas que c’était un nom aussi pour une créature coréenne. Merci de m’avoir fait découvert sa !❤️❤️
    Article très intéressant sinon

  • Sigrid

    Bonjour,

    J’aime bien les Gwishin. J’ai regardé plusieurs séries qui parlent d’eux et c’était très émouvant (et drôle). Oh My Ghost, Bring it, Ghost… avec le Jeoseungsaja, ce sont des personnages récurrents. De même, le thème du renard à 9 queues (Gumiho) revient souvent, et toujours en méchante. Je pense que c’est lui qui m’effrayerait le plus ! Heureusement, il se transforme en femme et chasse les hommes 😉 : je ne risque rien ! Parconte, je ne connaissais pas les 2 autres personnages. Merci Maya de me les avoir présentés : si je tombe dessus, un jour d’halloween, je serais moins surprise !

  • Micka

    Super ton article Maya ! Sans aucun doute, le Gwishin est la créature la plus effrayante à mes yeux😱 Le drama Gobelin est le 1er drama que j’ai regardé et je ne connaissais pas le titre original. Merci pour ce partage sur la culture coréenne, toujours très intéressant !❤

  • Micka

    Article très intéressant ! Un beau partage sur la culture coréenne encore une fois.
    Gobelin est le 1er drama que j’ai regardé et j’ignorais le titre original. Merci !
    Sinon, le Gwishin est certainement la créature la plus effrayante à mes yeux 😱

  • Francoise

    Avez-vous regardé my girlfriend is a gumiyo. Après vous les aimerez. Et Bulgasal sorte de vampire très très séduisant…et cet animal mythique qui détecte et détruit les âmes vagabondes…il y a tant et tant de créatures fantastiques dans les mythes coréens. En tant que rousse et donc vouée au bûcher des sorcières je me régale de dramas fantastiques. Je rêve de trouver l hôtel de la luna ou le mystic pop bar lors de mon futur voyage en Corée

    • raheb jeanine

      Françoise, j’ai vu les mêmes dramas que j’ai beaucoup aimés et j’irai bien volontiers au mystic pop bar ! J’adore les contes et les mythes, j’en ai dévoré des livres et des livrens quand j’étais en primaire. Maya, merci pour ton approche culturelle de ton beau pays. J’aime rêver que j’irai vivre au moins un an en corée dans les années qui viennent, durant ma retraite.

  • BELLEC

    Bonjour,
    Merci, Maya pour vos articles, sur la culture Coréenne,
    celui-ci est trés intéréssant, je n’aimerai pas croiser un Gwishin, c’est un peu comme la légende en France de la « Dame Blanche », j’en ai froid dans le dos!
    j’aime les mythes et les légendes, de tous les pays. grâce à vous, j’en apprend plus sur ceux de la Corée.
    Merci! pour ce partage de la culture Coréenne.
    J’ai vu certain dramas comme Gumiho, j’ai adoré!

  • Sylvie

    Merci Maya, j’ai aimé votre article, très beau partage sur la culture coréenne. En ce qui me concerne c’est le Gwishin que j’éviterais de rencontrer. Belle journée.

  • Arlette

    Des découvertes toujours passionnantes, j’aime tous les contes et toutes les légendes….. avoir peur! Non …. mais que de belles séries j’ai vues avec ces personnages fantastiques…. merci Maya pour toutes ces informations

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