Le coréen

Apprendre le coréen n’est pas encore Parler coréen

Et si, après un ou deux ans d’apprentissage du coréen, un locuteur natif ne comprenait que 25 % de ce que vous lui disiez ? Cette scène, je l’ai observée très souvent. Le Coréen, toujours poli, passe à l’anglais pour vous éviter un malaise. De votre côté, vous souriez timidement, un peu déstabilisé·e, et la conversation s’arrête là. En tant qu’enseignant, je reconnais ce moment à chaque fois. L’apprenant fait de son mieux, mais ses mots ne suivent pas.

Apprendre ≠ parler

Ce fut le cas lors d’un suivi individuel avec une élève débutante. Je lui ai posé une question très simple en coréen. Elle m’a regardé, hésitante, puis m’a demandé en français : « Je dois mémoriser la leçon ? 😲» J’ai souri. Puis j’ai répondu : « Oui. Mais surtout, vous devez pouvoir la ressortir naturellement. 😇»

En effet, apprendre une langue, ce n’est pas seulement retenir des phrases. C’est les utiliser en contexte, à l’oral, sans stress. Pourtant, beaucoup d’apprenants restent coincés dans une phase passive. Ils lisent, mémorisent, comprennent parfois, mais ne parlent pas. Peut-être avez-vous étudié l’anglais ou l’espagnol pendant des années. Mais aujourd’hui, pouvez-vous vraiment parler ces langues ? Lire quelques phrases ou écrire un message, c’est une chose. Répondre à l’oral en est une autre.

Connaître ≠ savoir faire

C’est justement au moment d’interagir que les blocages apparaissent. Et cela s’explique. Noam Chomsky a bien résumé le problème : il existe une différence claire entre la compétence (ce que vous savez) et la performance (ce que vous pouvez faire). Apprendre une langue, ce n’est pas lire un manuel. C’est entraîner votre cerveau à produire du langage, spontanément.

Pour mieux comprendre cette idée, prenons un exemple simple. Vous connaissez sûrement Ddu-Du Ddu-Du 👇de BLACKPINK ou Dynamite de BTS. Bien sûr. Mais pouvez-vous les chanter les paroles en respectant le rythme ? Ce n’est pas évident. Connaître une chanson ne signifie pas pouvoir la chanter. C’est pareil avec une langue. Vous reconnaissez peut-être River Flows in You de Yiruma. Mais la jouer au piano demande un tout autre entraînement.

Les langues s’apprennent avec la bouche

C’est là qu’intervient une règle essentielle, rappelée par Gabriel Wyner dans Fluent Forever. Il affirme : « Les langues ne s’apprennent pas avec les yeux, mais avec les oreilles et la bouche. » Et il sait de quoi il parle : lui-même parle sept langues, et il explique qu’un apprentissage efficace commence dès les premières heures par la prononciation. Selon lui, apprendre à bien entendre et reproduire les sons étrangers dès le départ est ce qui permet ensuite d’acquérir le vocabulaire et la grammaire de manière plus naturelle et durable.

Autrement dit, lire avec les yeux ne suffit pas. Si vous souhaitez discuter avec des Coréens et avoir de vraies conversations, alors il faut comprendre et parler à l’oral.

Du savoir à la parole : un vrai chemin

C’est d’ailleurs en suivant cette logique que je demande à mes élèves d’écouter mes fichiers MP3 au moins cent fois. Ensuite, je leur recommande de répéter derrière au moins cinquante fois. Grâce à cette immersion active, les sons deviennent naturels. L’oreille reconnaît les intonations, la bouche s’adapte. Petit à petit, des automatismes se mettent en place — et la parole suit.

Ainsi, apprendre le coréen ne suffit pas. Entre les connaissances et la parole, il y a tout un parcours. Il faut apprendre, écouter attentivement, prononcer, faire des erreurs, corriger, comprendre, mémoriser, reproduire, puis parler. Chaque étape compte. Chacune vous rapproche de l’aisance.

Mais avec qui pratiquer ?

Vous pensez peut-être : « Je n’ai pas de partenaire pour pratiquer. » C’est un vrai frein, mais ce n’est pas une excuse. Même si vous en aviez un, pourriez-vous tenir plus de trois minutes sans basculer en anglais ? Dans la plupart des cas, non. C’est pourquoi il est important de s’entraîner seul·e d’abord. Ensuite, échangez avec d’autres apprenants. Parler n’est pas un talent magique. C’est une compétence. Et comme toute compétence, elle se travaille. Il faut s’entrainer !

Prononcez chaque lettre, chaque mot et chaque phrase en coréen après avoir bien écouté. Il faut que le coréen passe par les oreilles… et par la bouche !

Quelques conseils concrets

Voici donc quelques conseils concrets pour franchir ce cap :

• Maîtrisez l’alphabet coréen à la coréenne sans passer par l’alphabet de votre langue natale. C’est fondamental !
Comment c’est possible ? Avec mon Petit Cahier, vous pouvez le maîtriser parfaitement en 10 ou 15 jours, sans passer l’alphabet latin, tout en installant une bonne prononciation dès le départ.

• Faites très attention à ne pas faire d’erreurs d’orthographe : en coréen, une petite faute peut changer complètement la prononciation. Cliquez ici pour lire trois bons exemples qui vous feront mourir de rire.

• Prononcez chaque lettre, chaque mot et chaque phrase en coréen après avoir bien écouté. Il faut que le coréen passe par les oreilles… et par la bouche !

• Lisez à voix haute des phrases correctes tous les jours. Cela renforce votre prononciation et votre confiance.

• Demandez du feedback dès que possible. N’attendez pas d’être prête.

• Pratiquez avec d’autres apprenants de votre niveau. C’est motivant et rassurant.

• Acceptez les corrections. Elles évitent que les erreurs deviennent des habitudes.

• Écoutez le coréen tous les jours : dramas, chansons, podcasts… Tout est bon pour s’immerger. Faites-le souvent et sans modération.

• Surtout, acceptez d’être imparfait et autorisez-vous à faire des erreurs. Ce n’est pas la perfection qui donne confiance pour parler coréen, mais le fait d’oser parler avec ses erreurs, tout en s’acceptant sur le chemin.

Une langue est une capacité vivante

Connaître une langue ne signifie pas la posséder. Ce n’est pas un ensemble de règles figées ou de mots alignés. C’est une compétence vivante, fragile, physique. Et elle ne s’active que par l’usage, régulier et réel.

Alors, osez. Parlez mal, parlez lentement, parlez timidement si besoin… mais parlez.

Selon vous, quel est le plus grand obstacle à surmonter pour parler coréen avec confiance ? Notez-le dans un commentaire. 👇

  • PS : Si vous avez appris le coréen pendant plus d’un an et que vous cherchez un moyen de pratiquer votre coréen avec un locuteur natif, écrivez un email à maya@apprendrelecoreen.fr.

 

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2 commentaires

  • Elisabeth

    Merci pour cet article, Oui vous avez bien raison, cela passe par la bouche et les oreilles et repeter des centaines de fois est necessaire. Ce n’est pas lassant car chaque fois que l’on reecoute puis repete on decouvre de nouvelles sonorite , de nouveaux mots se sont imprimes et la lecture devient plus fluide, et a un moment , je peux dire le texte sans lire , je sais alors que je peux passer au suivant sans toutefois oublier celui la. Cela prend du temps mais je crois avancer en pratiquant de cette maniere> Merci pour votre article.
    PS veuillez excuser le manque d’accent mais c’etait un double clavier coreen- francais sans accent ou francais seul avec accent.

  • Alexis isabelle

    bonjour Maya
    merci pour l’article qui est très intéressant
    je me répète tous les jours des mots et expressions que j’apprends et avec les mots j’essaie de faire des phrases courtes et simples et ça fonctionne. quand je regarde mes Kdramas je répète les phrases simples, et je continue à apprendre de cette façon en écoutant les playlists des années 80 à 2000, la K-pop les pdocasts mes Kdrama et mon livre de mini histoires coréennes pour la lecture

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